Les félicitations.

La voiture de mon chéri, âgée de 10 ans, 200 000 kilomètres au compteur, montrait de plus en plus de signes de faiblesse. Même si cela faisait un peu mal au cœur à mon chéri – difficile d’abandonner sa première voiture, nous lui avons cherché une remplaçante. Et nous avons trouvé ! Une jeunette d’un an avec 11 000 kilomètres seulement, faible consommatrice de carburant et prête pour de nouvelles aventures. J’ai été très surprise lorsque nous avons signé les papiers et que le commercial nous a félicités ! J’avais oublié que ce genre d’occasion s’y prêtait pourtant bien.

Quelques jours plus tard, j’ai passé un entretien pour changer de service. Ayant déjà essuyé plusieurs déconvenues ces derniers temps, je m’étais beaucoup moins mis la pression. Je n’en avais parlé à personne et je n’ai même pas pris la peine de réfléchir à ce que je dirais. Je pensais que, comme les dernières fois, les dés étaient joués à l’avance et que mon argumentaire ne saurait rien faire changer. J’ai tout de même répondu consciencieusement aux questions. J’ai souri et respiré fort par le ventre. Et, étrangement, en repartant j’ai eu l’impression de m’être bien débrouillée et, surtout, pour la première fois depuis fort longtemps, je n’ai rien trouvé à redire à mes réponses. Habituellement, je me reprochais systématiquement d’avoir mal répondu ou de ne pas avoir su m’expliquer correctement. Cette fois, j’ai eu un bon pressentiment. Et j’ai eu raison puisque trois jours après, mon chef s’est approché de moi et m’a félicitée ! J’étais étonnée et pourtant c’était encore une bonne occasion pour le dire.

Réflexions.

  • Alors, comme ça, TU ne peux pas avoir d’enfant ?

Cette phrase, pourtant prononcée avant l’échec cuisant de la FIV3, tourne en boucle dans ma tête ces derniers temps. Quelques mots d’une tante, pour comprendre, sans doute. Des mots cruels parce qu’ils sont désormais entièrement vrais. Je ne PEUX pas, parce que mes ovocytes sont pourris. J’ai une explication mais pas de solution satisfaisante. J’ai pris mes rendez-vous (IRM, chirurgien, gynéco de Paris) et il faut encore attendre un mois. Autant dire, une éternité.

Une éternité parce que pendant ce temps-là, mes pensées ne s’arrêtent plus. La gynéco de Paris a évoqué le don d’ovocytes comme (dernière) alternative, s’il n’est pas satisfaisant d’opérer mon endométriose. Alors, j’y pense. J’en pleure. J’y réfléchis. Je m’en rends malade par moment. Je fatigue. J’enrage. J’envie (les autres). J’espère un miracle (oui, oui, le bébé couette ! Il vous parle celui-là, j’en suis certaine !). Je désespère. Et j’attends. Et je mélange tout, absolument tout.

Ma peur d’avoir un enfant qui ne me ressemble pas. Mon malheur de ne rien pouvoir produire de bon. Ma crainte de moqueries : l’appellera-t-on « bâtard » à l’école s’il/elle en parle ? Ma trouille d’un rejet : « tu n’es pas ma mère ». Ma gêne face à ce que je considère plus ou moins comme une manipulation génétique. Mon désarroi face à la difficulté et à la longueur du parcours. Ma fatigue des traitements, ma lassitude du monde médical. Et ce questionnement, lancinant : cela en vaut-il la peine ? Parfois, à force d’attente déçue, j’en viens à me demander si je veux vraiment un enfant. Si ce n’est pas une grosse connerie parce que peut-être il connaîtra la guerre. Ou le chômage. Ou la maladie. Parfois j’ai peur de le rendre malheureux comme j’ai pu l’être. Parfois, j’en viens à penser que c’est peut-être ma tête qui a tout manigancé pour que mon corps ne puisse pas faire cet enfant. Je repense aux mots du microkiné : « vous n’êtes pas à la bonne place » et « il faudrait savoir pourquoi il ne fallait pas que vous soyez l’aînée ». Et comme je ne sais pas, je me dis que la solution du problème est peut-être là. Que j’aurai peut-être un enfant grâce au don d’ovocytes et ensuite un enfant naturel. Que j’aurai ainsi écarté la transmission maudite, la malédiction de l’aîné. Et plus je pense ainsi et plus je me fais peur. Du coup, je préfère l’écrire ici.

  • Dis, Lorie, tu as un bébé dans le ventre ?

Question innocente d’un enfant de 7 ans, au travail. Je ne savais plus où me mettre. A-t-il perçu mon ventre énorme et douloureux de ces dernières semaines ? J’ose penser que ces douleurs, ces ballonnements, ces gonflements sont liés aux derniers traitements pour la FIV3. J’ose espérer que ça va passer mais j’ai aussi très peur qu’il ne s’agisse d’une nouvelle attaque de l’endométriose. J’ai si mal à l’ovaire gauche, là précisément où il y a le fameux kyste qui bouffe tout sur son passage (y compris les ovocytes – et lors de la ponction, la gynéco de Paris avait dû en laisser deux au risque de transpercer le kyste…). J’ai tellement mal au ventre et mon ventre est tellement énorme que je me crispe pour lutter contre la douleur, du coup j’ai très mal au dos. Et je me crispe aussi pour rentrer mon ventre au maximum. J’ai beaucoup trop peur d’une remarque déplacée – ça m’était déjà arrivé il y a quelques années alors que j’avais pris quelques kilos. « Mais… mais !! Tu es enceinte !!!!! » avec une main en approche, prête à caresser mon ventre !…. Je m’en souviens encore… Quelle horreur…

Les enseignements de FIV3…

… Ou comment le ciel m’est tombé sur la tête… (parce que les paires de claques ne suffisaient plus).

La gynécologue de Paris m’a appelée, pour un bilan par téléphone. Elle a été cash, j’ai encaissé. Pour rappel, la FIV3 a donné 7 ovocytes à la ponction, 2 embryons à J1 et 0 à J5. La gynécologue m’a dit que le résultat était mauvais, pourtant depuis FIV1 et FIV2 en Province, tout avait été modifié : l’équipe médicale, les traitements, la technique. Tous les paramètres avaient été neutralisés, il ne manquait que celui de la qualité ovocytaire. Parlons donc de médiocrité ovocytaire. Elle ne voit que deux solutions. Et encore. Elle n’est qu’à moitié convaincue par la première.

  • Refaire une IRM, avoir l’avis du chirurgien à propos de mon endométriose et éventuellement opérer. Le risque, c’est une diminution de la réserve ovarienne. Donc le bénéfice est loin d’être évident et cette option méritera d’être discutée âprement.
  • Recourir au don d’ovocytes.

Voilà. Bam. C’est dit et ça fait mal. J’espérais un ajustement du traitement avant de retenter une FIV3bis. Mais la gynécologue pense qu’il est inutile de refaire une stimulation dans ces conditions, ça ne ferait qu’aggraver l’endométriose sans assurer un quelconque résultat.

Je me sens coincée entre deux propositions qui ne me conviennent pas. Me faire ré-opérer, pas envie du tout. L’hospitalisation, la convalescence, la souffrance, si après ça n’améliore pas ma situation pour une FIV à Paris, je n’en vois pas l’intérêt.

Et le don d’ovocytes, j’imagine que c’est un cheminement intérieur que je dois parcourir. Pour l’instant, je me sens en haut d’une falaise, prête à sauter dans le vide. Sans parachute. J’ai peur, très peur de ce que cela implique. Je ne veux pas porter le bébé d’une autre avec mon chéri. Je ne veux pas d’un bébé créé de toutes pièces. Un bébé qui, sans la médecine, n’existerait jamais. Un bébé qui ne me ressemblera pas. Je ne crois pas avoir les épaules assez larges actuellement. Je m’imagine avec cet enfant et je me sens mal. Je ne sais pas ce que je lui dirai, comment je lui expliquerai ce choix, ce qu’il en comprendra. Je ne sais pas si je l’aimerai. Et je crains vraiment le coût financier. La prise en charge à Paris me ruine déjà pas mal ; je sais que ça sera pire à l’étranger. Mais je ne me vois pas attendre en France. Je vais avoir 36 ans, il est temps maintenant.

J’ai raccroché, sans avoir débité mon laïus sur le don d’ovocytes – ce n’était pas le lieu, et j’ai tout raconté à mon chéri. J’ai fondu en larmes. J’ai pleuré toute la soirée et une partie de la nuit. Depuis, je me sens vide, vidée. Terriblement malheureuse. Tellement stérile.

En amoureux

Nous sommes partis quelques jours – en amoureux. Des balades, des photos, des restaurants – en amoureux. Quand nous allons au cinéma, c’est également en amoureux. Il en est de même pour les matchs de foot au stade ou de hockey à la patinoire. Nous faisons les courses en amoureux, nous aménageons la maison en amoureux et nous faisons le jardin en amoureux.

Même si j’adore mon chéri, mon mari, mon amour et tout le tralala plein de jolis cœurs ❤ ❤ ❤ , je suis parfois triste que notre couple soit résumé à ce mot. Amoureux. « Alors, les amoureux, tout va bien ? » Ça ne viendrait à l’idée de personne de me demander « et comment va ta petite famille ? »…

Encore plus que des amoureux, j’aimerais que nous soyons une famille (en plus, j’ai des tonnes d’idées d’activités à faire en famille !). Et même si depuis notre mariage, nous avons désormais un livret de famille, il n’y figure que nos deux noms… Je n’ai pas l’impression de former une famille à deux. Pour moi, nous sommes éternellement un couple en attente de miracle.

Défi green blog

Je sors un vieux défi que j’avais vu il y a quelques mois histoire de m’occuper… Car j’ai grand besoin de m’occuper et de me changer les idées mais j’avoue ne plus savoir comment faire. Trop de questions tournent en boucle dans ma tête. J’attends l’appel de la gynécologue pour éclaircir ma situation. Examens complémentaires ? Traitements supplémentaires ? Nouvelle stimulation ? Ménopause artificielle ? Don d’ovocytes ? Je voudrais vraiment mettre fin à cette incertitude. Je voudrais connaître la suite de mon histoire…

Supprimer le sopalin et passer à des chiffons ou débarbouillettes, moins cher sur le long terme et pas de déchets : je n’en achète plus, éponges ou petits torchons font l’affaire.

Supprimer les cotons jetables et passer aux lavables moins cher et pas de déchets : je termine ceux que j’ai. Comme je ne me maquille qu’une fois par an, ça risque de prendre encore du temps. Ensuite, j’ai bien entendu prévu de les remplacer par du lavable.

♥ Tenter la coupe menstruelle ou les serviettes hygiéniques lavables : moins cher, pas de déchets, pas de merde chimique : gros point noir de mon écologisme pourtant poussé… Pas du tout attirée par la cup et pas trop le budget pour investir dans des serviettes hygiéniques lavables (et pourtant, j’aimerais bien !).

Ramasser un déchet par jour ou + : ça m’arrive de le faire mais pas de façon systématique. Point à améliorer.

Eviter de consommer les vêtements des chaînes de fast fashion : c’est le cas depuis un an au moins, je n’achète plus que de l’occasion (en passant par LBC ou percentil). Il faudra cependant que je change mes baskets, j’attends de trouver une marque éthique et respectueuse de l’environnement pour le faire (des suggestions ?).

Ne plus utiliser de sac plastique et avoir toujours un sac en tissu avec nous : je prends toujours des sacs (plastique ou tissu) pour les courses.

Economiser l’eau pour la planète et notre porte monnaie : j’essaye d’y faire attention même si parfois je reste un peu trop longtemps sous la douche bouillante (je suis une grosse frileuse et parfois, mon seul moyen de me réchauffer est de prendre une douche)… Sinon, je récupère l’eau froide qui coule avant d’être chaude pour la vaisselle pour les chiens et/ou les plantes. J’ai également un récupérateur d’eau pour le jardin.

Ne plus utiliser de lingettes jetables bébé mais des gants ou lingettes ou tissus lavables : ça sera le cas. Hors de question de mettre des produits chimiques et dangereux sur la peau d’un enfant.

Réduire ses emballages et acheter en vrac moins cher et pas de déchets : je suis souvent confrontée au dilemme suivant, bio mais avec emballages ou vrac mais pas (toujours) bio… Bref, j’essaye de faire au mieux et d’acheter les aliments de base dans des emballages au moins recyclables (carton ou verre) pour ensuite les cuisiner.

Donner les gels douches et passer au savon solide et shampoings solides, plus de déchets : c’est fait pour moi ! Par contre, j’essaye – subtilement – de convaincre mon chéri…

 Donner les tupperware en plastique et passer aux bocaux en verre : c’est fait même si j’ai gardé certains contenants en plastique. J’ai prévu de les remplacer au fur et à mesure.

Donner les moules en silicone et prendre du verre ou du fer, plus durable, moins toxique : point en cours ! Pas le budget pour tout changer d’un coup alors j’y vais petit à petit…

Utiliser une gourde en inox plutôt que des bouteilles en plastique, moins cher et pas de déchets : à la maison, nous buvons l’eau du robinet. A l’extérieur, nous piochons dans les bouteille en plastique… Mais j’ai également prévu l’achat de gourdes.

Consommer des fruits et légumes de saison : j’achète beaucoup à la ferme du coin et il n’y a que des fruits et légumes de saison. Parfois le choix est restreint mais c’est bon signe !

♥ Tester les couches lavables : ça reste à l’état de projet actuellement… mais j’y suis bien entendu entièrement favorable.

♥ Eviter les supermarchés et aller au marché, à la boulangerie, dans les commerces de proximité : je ne vais presque plus au supermarché. Ça m’arrive encore pour certains produits (mais de plus en plus rarement) ou quand il me manque quelque chose et que je ne vais pas faire 20km pour aller au magasin bio (j’habite à la campagne). En général, je parviens facilement à jongler entre la ferme et le magasin bio.

♥ Réduire sa consommation de viande : en très forte réduction ces derniers mois. Je n’entends pas m’en passer totalement mais rester sur ce rythme de trois à quatre fois par semaine environ.

♥ Acheter des serviettes en tissu : j’ai encore des serviettes en papier à écouler pour les invités… Quand je suis avec mon chéri, nous faisons sans ou alors en tissu.

♥ Passer aux cosmétiques bio, pour sa santé et les océans, les terres… : pour moi, c’est fait. Je ne me maquille presque jamais (mais j’ai acheté du bio au cas où) et ne mets plus de déodorant depuis des années (étant très frileuse, je transpire vraiment rarement !). Mon chéri veut bien tester pour la mousse à raser mais il faut que je lui trouve LE super produit (des idées à me conseiller ?)…

♥ Supprimer les cotons tiges en plastique, utiliser un oriculi ou des cotons tiges en carton : nous achetons désormais des cotons tiges en carton.

Fabriquer soi-même ses produits d’entretien, gain d’argent assuré ! : je le fais en partie. Pour l’instant, j’utilise le bicarbonate et le vinaigre blanc. J’ai aussi acheté du savon de Marseille (du vrai, vert, qui pue et sans huile de palme) et du savon noir. Je voudrais faire ma lessive moi-même. Je n’ai pas encore réfléchi au produit pour la vaisselle et le lave-vaisselle car il me reste du stock – bio tout de même.

♥ Consommer bio si possible, moins et mieux (plus on achètera bio, moins notre terre sera détruite par les pesticides) : j’essaye de plus en plus et quand ce n’est pas bio, j’essaye de privilégier le local.

S’investir dans des associations comme “un toit pour les abeilles” pour sauvegarder la biodiversité : c’est une bonne idée mais je n’en ai pas le courage actuellement. J’aimerais par contre faire partie du système d’échange local du coin.

♥ Fabriquer ses gâteaux, ou acheter en boulangerie le goûter, éviter les gâteaux industriels sur emballés : je n’achète plus un seul gâteau en grande surface. Le matin, je mange du pain avec de la confiture faite par moi-même ou du miel d’un producteur du coin. Et je fais souvent des sablés ou des crumbles aux pommes pour le dessert de mon chéri au travail.

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Faire cette liste m’a un peu remonté le moral, il est vrai que ces derniers temps, je m’intéresse énormément à tout ce qui touche au zéro déchet et au minimalisme… La lecture de blogs sur ces sujets m’a beaucoup ouvert les yeux, moi qui me croyais bonne écolo depuis des années alors que je ne faisais que du tri de déchets…

Je profite de cette occasion pour remercier Victorienne qui, un jour, avait fait une petite présentation de ses blogs préférés parmi lesquels échos verts. Ce blog (et d’autres découverts ensuite dans son sillage) m’inspire énormément.

(FIV3) Pas de miracle

Hier en fin de matinée, le laboratoire du centre m’a appelée. Une dame, gentille. Qui m’a demandé si j’étais libre de parler – ou peut-être voulait-elle suggérer libre de pleurer. Elle m’a tout de suite dit ne pas avoir de bonnes nouvelles à m’annoncer. Que mes deux pauvres embryons n’ont pas tenu le coup. Qu’ils se sont bien développés jusqu’à J3 puis se sont stoppés. Elle m’a proposé d’appeler la gynécologue qui me suit pour en reparler – il y a peut-être une solution – mais pas cette semaine car elle est absente.

Quand j’ai raccroché, j’ai eu un peu envie de pleurer mais j’étais au travail. J’avais l’impression d’avoir les joues rouges – la marque de la claque. Je me suis regardée dans le miroir, pas de joues rouges mais j’ai croisé un vrai regard de looseuse.  Je suis retournée avec mes collègues, j’ai fait illusion – tellement que j’en ai presque oublié la PMA de merde.

Depuis jeudi et le premier appel (7 ovocytes ponctionnés, 3 matures, 2 embryons formés), j’ai d’abord pleuré puis fait progressivement le deuil de cette tentative. J’étais quasiment certaine qu’il n’y aurait rien à congeler. J’ai beaucoup déprimé, me disant que cette tentative était bien la pire que j’aie vécue. Je n’arrive pas à comprendre que mon corps me joue encore de sales tours après toutes ces années. J’ai été très très en colère contre moi-même. D’abord d’y avoir cru. Ensuite d’avoir un corps aussi pourri. Enfin de me sentir tellement impuissante… J’ai suivi mon traitement, j’en ai eu des boutons, des seins sensibles, de la fatigue et des hématomes sur le ventre et au creux des bras. Les jambes lourdes et le ventre gonflé. Cela n’a servi à rien. J’ai fait les aller-retour à Paris, me levant parfois avant l’aube ou rentrant horriblement tard. J’ai attendu dans les salles d’attente – longtemps. J’ai fait correctement tout ce qui dépendait de moi et ça n’a servi à RIEN.

Je vais devoir patienter avant de retourner à Paris faire le point avec la gynécologue. Je ne sais même pas si j’y tiens. L’envie de tout plaquer est très forte. Je n’en peux plus de me bousiller le corps sans résultat. J’avais retrouvé un peu d’espoir avec cette nouvelle prise en charge – j’ai l’impression de tomber d’encore plus haut. Et ça fait mal. Je suis triste que cette troisième FIV serve ENCORE de diagnostic.

J’ai peur de m’acharner dans le vide – c’est peut-être sans espoir après tout. Tous les paramètres ont été éliminés, il ne restait que la qualité des ovocytes à évaluer et je crois que désormais la réponse est claire. Mes ovocytes sont donc bien pourris – chose dont je me doutais depuis le début. Et je ne sais pas si j’ai envie de poursuivre plus loin l’aventure. Je suis malheureuse de ne pas avancer – de reculer même. Je ne supporte plus de vivre continuellement au rythme des piqûres et des échecs.

(FIV3) Une nouvelle claque

Au moins avec ce titre, vous savez déjà à quoi vous en tenir et je ne vais pas m’éterniser non plus, j’ai des litres de larmes à essuyer et des plaies à panser.

Hier avait lieu la ponction sous anesthésie générale : 7 ovocytes ponctionnés. On me dit que c’est très bien, je n’en suis guère convaincue. Pour FIV1 et FIV2, j’avais déjà eu 7 ovocytes (à croire que je suis abonnée à ce chiffre), ça n’avait rien donné d’extraordinaire. 1 embryon J3 pour FIV1 et 4 embryons J3 pour FIV2. Là, avec la perspective de la culture prolongée, je craignais d’autant plus les nombreuses pertes.

Aujourd’hui, appel du laboratoire en toute fin de matinée. Sur les 7 ovocytes prélevés, seulement 3 étaient matures. Ce matin, 2 embryons se développent. On me rappellera lundi pour me dire s’ils ont pu être congelés ou non. Etant données les pertes en culture prolongée, je ne me fais guère d’illusion.

Je n’y crois plus. J’ai de plus en plus l’impression de faire tout ça pour rien.