Un petit Déca (et l’addition ?)

Aujourd’hui, c’était hystéroscopie et j’ai souffert comme jamais (enfin si, comme lors de l’hystérosalpingographie). Putain de bordel de merde. Je ne suis pas grossière d’ordinaire mais là, j’ai vraiment eu mal mal mal. A tel point que j’ai dû appuyer fort sur mes yeux pendant l’examen pour ne pas pleurer. Et encore après dans la salle d’attente, j’ai dû sacrément lutter. C’est pas possible de s’infliger tout ça pour faire un gosse, non, vraiment, ça me dépasse.

J’ai attendu horriblement longtemps entre l’hystéroscopie et le rendez-vous avec Docteur Solution (en fait, c’était Docteur Solution bis), j’ai donc bien eu le temps de cogiter et de ressentir les coups d’électricité de l’utérus et des ovaires mécontents du traitement reçu de bon matin. J’ai repensé à ma première FIV, à mes pleurs, si douloureux, impossibles à arrêter après la ponction. A cette infirmière qui m’avait demandé si elle pouvait faire quelque chose pour moi. Je lui avais simplement dit combien je trouvais profondément affreux/triste/épuisant/injuste (rayer la mention inutile – mais y en a-t-il une ?) de devoir passer par tout ça pour (peut-être) fabriquer un enfant. Je crois que c’est véritablement à ce moment-là, après déjà trois ans d’attente, que j’ai réalisé que les choses ne seraient jamais simples. Et cette prise de conscience avait vraiment été douloureuse.

J’ai attendu presque deux heures dans la salle d’attente, avec mes douleurs de règles bien violentes, à m’en vouloir d’avoir oublié mon livre à la maison (sur le minimalisme, ça m’aurait au moins changé les idées !) et à vouloir baffer la maman à côté de moi. Que je vous explique la situation. Madame est venue avec son fils de trois ans environ (oui je suis forte en estimation !) et un couple d’amis, ledit couple d’amis – je le comprendrai plus tard – servant uniquement à garder le gamin pendant le rendez-vous de Madame. Alors, puisque ce couple était prévu pour garder l’enfant, pourquoi ne l’a-t-il pas fait en dehors de l’hôpital ? Car deux heures d’attente pour un jeune enfant, c’est quand même bien chiant et il faut trouver de quoi l’occuper. Madame a fait la remarque qu’il n’y avait même pas de jeux pour enfants dans cette salle d’attente (j’ai trop eu envie de lui rappeler qu’elle était précisément dans un service UNIQUEMENT et ENTIÈREMENT dédié aux personnes INFERTILES QUI N’ARRIVENT PAS A AVOIR D’ENFANT !) mais dans le fond, ce n’était pas bien important, puisque le gamin a joué sur sa tablette la majorité du temps. Je vous fais un dessin ? La tablette, le son très fort, les comptines débiles en boucle, maman qui s’énerve et dit de baisser, le gamin s’exécute puis remet le son bien fort et c’est reparti pour un tour. Il y a eu aussi le jeu avec le distributeur d’eau, le jeune appuie sur le bouton plusieurs fois juste parce que c’est amusant de faire couler l’eau, maman s’énerve, lui met une fessée, le colle au coin et – preuve qu’il a bien compris la punition – le gamin y retourne et se prend une méchante tape sur la main… Sans oublier le commentaire « qu’est-ce qu’il est con ce gosse » quand il a finalement pu boire – de travers. La totale ! C’est bien elle que j’aurais baffée… Et du coup, j’avais plein de vilaines pensées du style « pourquoi elle vient pour en faire un deuxième alors qu’elle est atroce avec son premier et qu’elle a déjà du mal à le supporter et à se contenir en public… » Mais, je sais, c’est pas bien de critiquer.

Bref, revenons-en au sujet du jour, l’hystéroscopie montre davantage un utérus très vascularisé qu’une adénomyose. Le kyste serait en voie de régression mais il lui faut un plus gros coup de pouce que la prise de pilule, j’ai nommé le Décapeptyl (le dictionnaire de WordPress ne connaît pas Décapeptyl et me propose Décapement – ça promet) ! Piqûre dans la fesse prévue demain soir avec arrêt de la pilule dans quelques jours. On attend que tout l’intérieur s’assèche et contrôle le 9 novembre. Si tout est bon, lancement de la stimulation dans la foulée (Fertistart – on innove à chaque fois).

A noter, les petites phrases rigolotes de la journée. La gynécologue qui a réalisé l’hystéroscopie : « mais je ne comprends pas pourquoi on voulait vous envoyer en don d’ovocytes, vous avez des ovocytes et il vous reste deux tentatives de FIV et trois inséminations ! » Et Docteur Solution bis « on est bien d’accord, on transfère un blastocyste et on congèle le reste… »

Ces spécialistes du Centre d’Etude et de Conservation des Oeufs et du Sperme humains croient au Père Noël.

Pour terminer sur une note plus légère, j’ai profité de ce déplacement loin de chez moi (80 kilomètres) pour enfin acheter de jolies corbeilles en métal repérées sur le boncoin depuis des mois. J’ai ensuite retrouvé mon mari et nous avons mangé au restaurant puis chassé des Pokemons (pour celles et ceux qui y jouent, j’ai enfin attrapé Suicune qui se refusait jusque là à moi et, de surcroît, sur ma première ball !). Et je suis passée au magasin bio récupérer une gourde isotherme gagnée sur internet et acheter quelques douceurs anti-culpabilisation (ben oui, c’est bio donc c’est bon pour la santé, non ?).

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Idée lecture

Le ton est donné dès la couverture ! L’auteure relate son parcours PMA, la découverte de son endométriose, les traitements, les opérations,….les faits ! Les faits, les uns après les autres, comme un agenda qu’on déroule, elle y mélange ses sentiments, ses craintes,…avec une petite note musicale et humoristique ! Récit autobiographique, très facile à […]

via Endométriose, FIV et un peu d’humour ! — Association de patients de l’AMP et de personnes infertiles.

Evasion…

Le froid, la pluie, les jours qui raccourcissent… Le brouillard, l’humidité, les feuilles qui tombent… La soupe, le feu qui crépite, les plaids sur le canapé… Les pieds glacés dans le lit, la tisane du soir, les manteaux et les écharpes…

Je n’aime pas l’hiver et ce n’est que le début ! Alors je me plonge dans mes photos de vacances et j’imagine le soleil, le sable sous les pieds, la caresse du soleil sur la peau.

Je commence à penser aux prochaines vacances, la Toussaint, Noël… et j’ai déjà quelques idées en tête. Ça m’aide à supporter cette longue période qui a tendance à me déprimer. Ça me donne un but quand c’est la galère au travail. Sans même y être, ça me donne déjà de l’air. J’ai hâte !

Quelques perspectives.

Il y a quelques jours, prenant mon courage à deux mains, je suis allée parler à mon nouveau chef des autorisations d’absence dont je bénéficiais dans mon ancien service. Il avait l’air perdu (« c’est quoi la PMA ? ») mais m’a tout de suite rassurée, pas de souci pour lui. 

Hier, ayant la date de l’hystéroscopie, je suis allée lui demander une autorisation d’absence. Il m’a refait le coup du « c’est quoi la PMA ? » mais a rempli le papier sans hésitation. Au moins, je sais qu’avec lui, je ne serai pas embêtée par les questions….

J’ai repris la pilule lundi soir, après avoir demandé au CECOS de bien vouloir faxer l’ordonnance à ma pharmacie habituelle (petit coup de stress parce que je devais la recevoir par courrier et que ce n’était toujours pas le cas quand mes règles sont apparues… d’où cette idée de demander à ce que cela soit faxé). J’ai un mal de chien à me souvenir de la prendre et depuis quatre jours, j’avoue que la prise est très anarchique (de la fin d’après-midi jusqu’à la fin de soirée…) mais je m’en fous un peu… Je ne cherche pas à éviter une grossesse (le comble !) mais à faire disparaître un kyste de merde… J’espère que ça marchera…

La peur n’évite pas le danger.

Hier soir, en sortant du match de foot, je me suis rendu compte que pour la première fois depuis deux ans, je n’avais pas pensé aux attentats pendant le match mais après, en marchant sur la route, au milieu de la foule. J’ai alors repensé à cette sortie de concert quelques mois auparavant, dans un pays proche de la France. Et j’ai frissonné. Parce que quelque part, le danger est partout et que le craindre ne l’annihile pas.

Pourtant pendant quelques instants, j’ai cru être guérie du choc des attentats mais j’ai su qu’il n’en était rien. J’ai aussitôt imaginé les bombes, les hurlements, la mort. Pire les blessures irréparables.

Pour moi qui fréquente depuis des années, plusieurs fois par mois, des stades et des patinoires au coeur de groupes de supporters, j’ai vite compris qu’il n’était pas concevable de stopper mes loisirs malgré la peur panique qui m’étouffait juste après les attentats. J’ai petit à petit appris à contrôler ma respiration et à me concentrer sur les chants et l’ambiance. Mais il n’y a pas de recette magique. Il y a par contre cette reconnaissance, cette gratitude même, de pouvoir vivre en bonne santé et profiter justement de ces moments de fête au stade ou à la patinoire.