La santé au travail.

Vendredi, j’avais rendez-vous au service de santé au travail avec, je pensais, le médecin du travail. Et bien, raté ! C’est une infirmière qui m’a reçue. Ce rendez-vous faisait suite à un petit accident de service la veille de la ponction (je dois avoir une appétence particulière pour le cumul des mandats…).

Nous évoquons donc rapidement la survenue de l’accident et les moyens de prévention, s’il y en a. Puis l’infirmière me demande si j’ai été en arrêt ces derniers temps. Je réponds par l’affirmative et comme elle souhaite en savoir plus, je lui explique que c’était pour une FIV et que j’ai de l’endométriose.

Mise en garde spéciale : le paragraphe qui va suivre pourrait être intitulé « comique de répétition » tant il me semble avoir fréquemment entendu ce genre de propos…

Alors, tenez-vous bien ! Il s’agit de l’histoire de la nounou des enfants de l’infirmière. Cette nounou a elle aussi de l’endométriose et devait faire des FIV. Sauf que (pourquoi ça marche pas avec moi les « sauf que » ?) cette nounou a déménagé et s’est retrouvée enceinte quelques jours avant de commencer la FIV ! Incroyable, non ? L’infirmière a donc tenu à me partager son super bon plan et m’a conseillé de… déménager ! Et ben oui, voilà la solution… Je lui ai quand même répondu que nous avions déménagé trois fois en trois ans et que nous partions régulièrement en vacances.

Hormis cet interlude dont je me serais bien passée, l’infirmière a été super. Je lui ai raconté que je me levais à 6h les matins des contrôles à la maternité et que je faisais ensuite une heure de route pour venir travailler et enchaîner la journée. Elle m’a dit que c’était bien trop fatigant, qu’il fallait peut-être que pour la suivante je prenne un arrêt. Je lui ai donc parlé de la loi de modernisation du système de santé (26 janvier 2016) dont elle ignorait l’existence et lui ai demandé si ça serait applicable pour moi (je suis fonctionnaire et la loi n’est apparemment pas encore entrée en vigueur dans toutes les administrations…). Elle a donc fait une recherche rapide sur internet et m’a promis qu’elle continuerait de chercher des informations sur tout ça. L’après-midi, elle m’a rappelée pour me dire qu’elle m’envoyait de la documentation et qu’elle pensait que je pouvais tout à fait bénéficier de ces autorisations d’absence.

Je reverrai donc tout ça à l’occasion de la FIV2 mais j’avoue, ça m’a remonté le moral. Elle avait l’air vraiment soucieuse et prête à m’aider à concilier travail et PMA.

RDV post-FIV

J’ai un peu traîné à écrire cet article, manque de temps probablement… Puis peut-être une certaine envie de laisser tout ça un peu derrière moi également.

Jeudi dernier, nous avions donc rendez-vous avec la gynécologue de PMA pour tirer les conclusions de la FIV1. J’avais préparé une liste de questions mais le jour-même, j’ai commencé à me sentir mal et stressée. Allais-je oser sortir ma liste et enchaîner les questions ? Et quelles allaient être les réponses ?…

Heureusement, tout s’est très bien passé. Déjà, j’étais en avance de 35 minutes et je n’ai attendu que 5 minutes. Une personne n’étant pas venue et la suivante étant en retard, la gyncologue a proposé de me prendre tout de suite. Elle m’a demandé si nous devions attendre mon chéri mais je lui ai dit que j’avais plein de questions à lui poser et qu’on pourrait aborder tout ça en l’attendant ; elle a acquiescé.

Elle m’a demandé comment je me sentais après cette FIV, j’ai émis un long soupir et dit « tout ça pour ça ». Elle était bien d’accord avec moi. Puis j’ai sorti mon bout de papier et je lui ai posé mes questions :

  • L’arrêt prématuré du Provames : pas de conséquence pour moi, le Provames servant uniquement à faire le lien entre deux cycles (décidément, je crois que chaque gynécologue a son interprétation de l’intérêt de ce médicament !!) et elle m’a assuré que je n’en aurai PLUS JAMAIS !
  • La ponction du kyste d’endométriose par inadvertance, ce n’est pas très grave en soi. Comme il mesurait moins de 60mm, il n’avait pas été retiré lors de la coelioscopie l’année précédente, la taille étant la raison de la ponction ou non. Les principaux risques de la ponction d’un kyste sont une diminution de l’AMH et une infection. Pour la diminution de l’AMH, ce n’est pas un gros problème car il s’agit de l’ovaire gauche sur lequel il ne se passe déjà pas grand chose. Pour l’infection, comme j’ai eu une injection d’antibiotiques avant la ponction, le risque est éliminé sinon fortement diminué.
  • Concernant l’impact des traitements sur l’endométriose, elle s’est montrée plutôt confiante mais, avec un tout petit d’insistance, elle m’a tout de même prescrit une échographie endovaginale, avec possibilité d’IRM si nécessaire (parce que, oui, j’insiste pour écarter les cuisses une nouvelle fois, moi !).
  • J’ai hésité à lui dire que la gynécologue de la ponction ne savait pas que j’avais de l’endométriose mais j’ai osé (et j’en suis fière d’ailleurs, car ce n’est vraiment pas dans ma personnalité !) et elle a trouvé ça fort regrettable, d’autant plus que c’est écrit noir sur blanc dans mon dossier…
  • Et je lui ai parlé du compte-rendu du transfert, de l’embryon type 3 et elle m’a assuré que c’était un bel embryon malgré tout et que ce genre d’embryon peut tout à fait s’implanter. Ce qui est plus embêtant, c’est qu’il n’y en ait eu qu’un seul sur les 7 ovocytes ponctionnés.

Mon chéri est arrivé à peu près à ce moment-là et nous avons pu enchaîner sur la suite ! La gynécologue nous demande de (re)faire des prises de sang (caryotype standard) en vue d’une FIV ICSI car les spermatozoïdes ont eu du mal à rentrer dans les ovocytes. Et elle étudiera notre cas avec son équipe, et notamment les biologistes, le mardi 5 avril afin de déterminer quel nouveau protocole nous proposer. Elle nous fera parvenir un courrier mais elle a parlé de « protocole long ». Je n’ai rien dit mais ça me fait déjà peur…

Et puis, bien entendu, il faut que je me repose et qu’on laisse passer deux ou trois cycles. Mai ou juin… Je me prépare déjà à juin afin de ne pas être déçue.

J’ai eu les larmes aux yeux plusieurs fois au cours de ce rendez-vous mais je n’ai pas craqué. Je suis restée 45 minutes avec elle et j’ai vraiment apprécié qu’elle prenne tout ce temps avec nous. Pour nous. Elle a conclu en nous demandant depuis quand nous essayions d’avoir un enfant. Bientôt 3 ans… Et j’ai ajouté que ça faisait plus de 5 ans que je ne prenais plus la pilule, autant dire qu’il y a bien longtemps que je n’en ai plus un seul résidu.

Mon chéri et moi sommes repartis chacun dans notre voiture. Et, bêtement, j’ai pensé que nous avions désormais 3 mois pour faire un bébé tous seuls… (Je crois qu’un deuil m’attend toujours)…

Mal-être

Je commence à stresser pour le rendez-vous de cet après-midi, j’ai peur que la gynécologue n’ait pas de réponses à mes questions… (et je n’ai même pas parlé de solutions…)

Et je suis triste, j’ai l’impression de voir des femmes enceintes partout et que ce ne sera jamais mon tour. J’ai super envie de pleurer mais je suis au travail.

Rebondir…

Comme vous le savez, cette première FIV a été un échec cuisant : 7 ovocytes ponctionnés, 1 embryon transféré, 0 congelé. Et résultat négatif bien entendu.

J’avais anticipé et pris un rendez-vous avec la gynécologue de PMA, c’est jeudi ! Inutile de vous dire que j’ai PLEIN de questions à lui poser et de remarques à lui faire !

  • Quelles ont été les conséquences de l’arrêt du Provames suite aux effets secondaires ? N’y a-t-il pas de traitement alternatif ou possibilité d’adapter la posologie ?
  • Pourquoi mon kyste endométriosique, déjà présent l’année dernière lors de la coelioscopie et non retiré à cette occasion, a été ponctionné en 5 secondes ? Pourquoi ne pas l’avoir enlevé lors de l’opération si c’est si facile que ça ?
  • J’aimerais aussi connaître l’impact des traitements que je viens de subir sur mon endométriose… car là j’ai des règles douloureuses (je souffre toujours atrocement au bout de quatre jours) comme j’en ai rarement eues et j’espère que ce n’est pas une récidive… 😥 et à mon avis, le seul moyen de le vérifier, c’est de refaire une IRM…
  • Je lui parlerai également de la phrase de la gynécologue au moment de la ponction de ce même kyste : « ah mais vous avez de l’endométriose en fait ! » que je n’ai pas du tout appréciée. Qu’elle ne connaisse pas mon dossier, soit, mais qu’elle ne le montre pas comme ça !!!
  • Et j’ajouterai également que je n’ai pas aimé qu’on me dise le jour du transfert qu’il s’agissait d’un « bel embryon » alors que le compte-rendu reçu plus tard ne dit pas du tout ça…
  • Enfin, j’aimerais qu’elle m’explique ces mauvais résultats, et notamment la mauvaise qualité de mes ovocytes, et qu’elle me propose un autre protocole…

Voilà, si vous avez d’autres idées à me soumettre, je prends !

Avis de disparition

Je m’étonne depuis la visualisation de ce nouvel échec. Comme si lire sur mon téléphone <5ui, chaussée de patins à glace était quelque chose de tout à fait normal. Je ne pleure pas. A peine une demi-larme en rentrant du travail. Rien d’autre. Pourtant, je suis une pleureuse finie en temps normal. Pourtant, je réalise pleinement ce qu’il vient de se passer. Le Provames et ses effets secondaires dévastateurs et insupportables. Les piqûres. L’infirmière à domicile. Les contrôles à 7h du matin suivis d’une journée de travail. Les doutes. Les espoirs. Faire semblant au travail. La ponction et ses souffrances. 7 ovocytes mais 2 jours plus tard, seulement 3 embryons. Et le lendemain, un seul des trois a survécu. Transfert intensément douloureux. Sieste défoncée l’après-midi. Et l’attente avec la progestérone. La longue, très longue attente. Et pas de signes. Rien. Jusqu’aux douleurs des règles, aux petites pertes. Je sais que c’est mort. Je sais que dimanche, j’ai joué du piano en pensant à mon embryon survivant alors qu’il était déjà mort. Je sais qu’il n’a pas survécu, qu’il ne s’est même pas accroché. Je le sais car le compte-rendu est clair, contrairement à ce qui m’a été dit le jour du transfert, ce n’était pas un bel embryon. C’était un moche. Un type 3 sur une échelle de 1 à 4. Un embryon pourri. Moisi. Je n’ai pu m’offrir que ça. Et pas de congélation bien sûr.

Et maintenant… Maintenant que j’ai écrit tout ça, je pleure enfin. Je réalise véritablement qu’il faudra tout recommencer sans avoir davantage de certitudes.

Dur dur

Malade comme un chien, épuisée, des vertiges et de légères pertes roses, ça pue la défaite 😢

Prise de sang demain, parce qu’il le faut, mais je vois bien que c’est mort.

Crise de foi

Quand j’étais petite, mes parents m’ont fait suivre le catéchisme catholique ainsi que l’enseignement protestant (étude de la Bible). Je me souviens de longs dimanches où il fallait faire plus d’une heure de route pour assister à un culte de deux heures… Mais j’aimais encore bien, il y avait d’autres enfants de mon âge. Puis le pasteur a quitté cette ville lointaine, nous sommes donc allés dans une autre ville, un peu plus proche, mais c’était carrément plus chiant. L’étude de la Bible quand on a 10 ans, c’est juste très très rébarbatif. Et nous n’étions que deux ou trois… Mes parents m’ont ensuite inscrite chez les scouts de France (scoutisme mixte) et là, c’était déjà nettement plus sympa même si, en pleine adolescence, on se frittait pas mal entre filles lors des camps d’été… J’ai également suivi l’aumônerie en parallèle. J’ai animé des messes au synthétiseur ou à la guitare… pendant très longtemps puisque j’ai poursuivi étudiante. Je ne vais pas vous détailler tous les groupes auxquels j’ai appartenu car la liste est longue ! Ce petit résumé, c’est simplement pour vous donner le contexte de ma foi en Dieu.

Au début, ce sont donc mes parents qui m’ont fait découvrir la foi, la religion, j’avais même des bandes dessinées qui reprenaient les grandes histoires de l’Ancien et du Nouveau Testament (Adam et Ève, l’arche de Noé, Moïse, la naissance de Jésus…), puis plus tard des livres qui retraçaient l’histoire des grands Saints (sainte Bernadette, sainte Thérèse, saint Paul…). J’aimais bien. J’ai petit à petit repris cette foi à mon compte. En plus, ça me permettait de rencontrer des gens. Notamment que je suis allée à la faculté, ce milieu si nouveau pour moi (ouvert d’esprit mais un peu individualiste, convivial voire glandeur… vous vous en doutez, vu la description, je n’ai pas suivi des études scientifiques contrairement à ce que mon baccalauréat aurait pu laisser croire initialement !).

Puis j’ai commencé à travailler dans une petite ville loin de la grosse ville universitaire et, peu à peu, j’ai arrêté de fréquenter ce milieu de croyants pratiquants. Pour ne garder que la foi en Dieu. Je crois en Dieu mais pour le reste, je trouve que c’est beaucoup d’embarras. Je n’ai plus envie d’aller à la messe, je trouve ça trop contraignant. Parfois, je me dis que peut-être j’aimerais assister à un culte protestant. Parce que je crois toujours sincèrement en Dieu.

Enfin, je croyais. L’année dernière, suite aux attentats du mois de novembre à Paris, ma foi a été sérieusement ébranlée. Elle l’avait déjà été à de maintes occasions mais pas à ce point. Le lendemain des attentats, je me suis effondrée. J’étais perdue, anéantie, terrorisée, terrifiée, triste, effarée, choquée. Et j’ai vraiment remis ma foi et surtout l’existence de Dieu en question. Comment pouvait-il laisser faire ça ? J’ai vraiment pensé qu’il n’existait pas et ça m’a fait très peur et très mal. J’ai longuement pleuré.

Puis, j’ai refait surface. Lentement. Et j’ai retrouvé un peu d’espoir. Un peu de foi. Mais ça ne m’empêche pas de toujours me demander pourquoi… Pourquoi tout ce malheur ?

En vrac.

J’ai profité de cet arrêt pour réfléchir tous les jours intensément, faire des calculs abracadabrants, changer une batterie de voiture. Je réfléchis même la nuit et c’est épuisant. Je n’ai pas envie de retourner travailler, je n’ai pas envie qu’on se/me pose des questions.

J’avais prévu de faire des choses utiles, des démarches administratives notamment, et je n’ai rien fait. Je voulais faire du tri dans mes vêtements, mes placards, et je n’ai rien fait.

Je voulais jouer du piano et terminer un petit motif au point de croix, et je n’en ai pas eu le courage. J’ai juste réussi à lire le livre que Super Souris m’a si gentiment envoyé.

Et bien sûr, j’ai écrit tous les jours sur ce blog et je vous ai lu(e)s sans relâche !

Hier, j’ai repensé à un commentaire de Choco_not : « des fois les rêves ça fait avancer ou ça débloque des situations ». Parce qu’il y a quelques nuits, j’ai rêvé que mon chéri et moi recevions des personnes en vue d’une demande d’agrément pour adoption. Je n’arrive pas encore vraiment à me projeter, à envisager clairement cette éventualité mais j’y pense un peu malgré tout. Hier soir j’en ai parlé à mon chéri et je lui ai demandé si, au cas où, on ne ferait pas bien de se marier ?

LA collègue aux gros sabots…

Je reprends le travail lundi et j’appréhende un peu. Je n’ai donné aucune justification à mon arrêt, je n’avais d’ailleurs prévenu personne auparavant à part mon chef et une collègue-amie. Et cette collègue m’a déjà dit plusieurs fois qu’une de nos collègues n’arrêtait pas de lui demander les raisons de mon absence. Elle lui a simplement dit que je ne souhaitais pas en parler. Mais elle insiste. Et elle persiste. Elle est lourde ! Elle est intrusive ! Elle est sans-gène ! Tout le monde connaît tout de sa vie, mais moi je suis pas comme ça et je ne détaille pas ma vie à la première personne que je croise…

Je suis certaine, même si mes collègues lui ont dit que je n’avais aucune obligation d’expliquer mon arrêt, qu’elle va me sauter dessus lundi matin dès mon arrivée pour enfin savoir. Et je me demande bien comment je vais m’en débrouiller… Je ne suis pas quelqu’un qui ose envoyer bouler les gens. Il le faudrait pourtant parfois !