3 ans.

3 ans d’amour aujourd’hui.

Cette impression tenace que toi et moi, c’était une évidence. Même s’il m’a fallu du temps pour ouvrir les yeux.

Presque 3 ans d’essais pour avoir un enfant. Et toujours rien. 3 chambres vides que je meuble de broutilles.

Bientôt une deuxième FIV. Et cette culpabilité énorme parce que le problème vient de moi. De mon corps de merde.

Tant pis.

3 ans d’amour aujourd’hui et j’espère encore beaucoup d’années à venir à tes côtés. A t’étouffer de baisers, à te serrer fort dans mes bras, à te regarder dormir (tu t’endors toujours en 3 minutes, pas juste !). A nous projeter toujours malgré tout, à réserver des vacances en amoureux (et plus en famille !), à nous abonner au stade et à la patinoire (notre passion commune), à manger des fondues au Munster et boire du Coca (c’est bon pour notre hygiène de vie, évidemment !)… ❤

L’endométriose, les FIV et moi.

Après avoir attendu mes règles et en pause entre deux FIV, j’ai trouvé de quoi m’occuper. Il a d’abord fallu décaler le jour de l’échographie de contrôle de l’endométriose. Initialement prévue lundi à 8h45, je n’ai pas eu d’autre choix que d’accepter un report vendredi à 13h15. L’horaire bien pourri. Obligée de poser une journée pour un examen de 10 minutes, j’ai bien les boules. Mais en tenant compte des kilomètres qui séparent mon domicile de mon lieu de travail et mon lieu de travail du centre, en tenant compte du temps perdu en trajets que cela implique, j’en ai conclu qu’il n’était pas « rentable » d’aller travailler pour environ 3h de présence effective.

La semaine dernière, j’avais croisé fortuitement ma gynécologue de PMA et en avais profité pour lui rappeler de me faire parvenir mon nouveau protocole. Hier soir, l’enveloppe était dans la boîte aux lettres.Impossible d’imaginer que ce ne soit pas ça, le tampon du centre, la mention « urgent », l’épaisseur de l’enveloppe. J’étais contente : un nouveau protocole, c’est le signe que l’espoir peut revenir. J’ouvre donc impatiemment l’enveloppe et déchante aussi sec. Sur la première page, le premier traitement que j’aperçois, celui qui est en tête de liste, je crois rêver, c’est cette ordure de Provames ! Lui-même en chair et en os et de retour dans MON protocole ? En première ligne ? Hors de question ! Pour rappel, je n’avais pas supporté ce médicament lors de la première FIV et la gynécologue m’avait ensuite assurée que je n’en aurais plus jamais. Alors ? Atterrée, j’appelle immédiatement le secrétariat, qui est bien entendu fermé (ouvert de 8h à 16h, je saurai pour plus tard), et je laisse un message puisque la possibilité m’en est donnée. Ensuite, je fonds en larmes. Je suis dégoûtée, dépitée, déprimée. Je pense que je ne suis qu’un numéro parmi d’autres et que ma gynécologue m’a envoyé un protocole bateau, sans tenir compte de ce que j’avais pu lui dire il y a quelques semaines…

Ce matin, j’avais rendez-vous avec une nouvelle gynécologue spécialisée en endométriose mais toujours dans le même centre. J’appréhendais énormément ce moment. J’avais peur qu’elle me claque la porte au nez parce que je suis déjà suivie en PMA même si des endocopines m’avaient rassurée dimanche : elles bénéficient bien d’un double suivi, PMA et ENDO. Alors pourquoi pas moi ? Bref, nouveau médecin, nouvelle trouille pour moi parce que j’ai toujours peur des inconnus mais gynécologue très gentille. Qui a repris avec moi les examens de 2014 et 2015. Qui a examiné mon intérieur. Qui m’a rassurée sur mon endométriose même s’il faut attendre l’échographie de vendredi pour confirmer que l’évolution reste contenue.  Qui m’a prescrit la pilule. La… quoi ? Là, je crois qu’elle a vu à ma tête que j’étais choquée. C’est pourtant simple. Notre couple ne faisant pas preuve d’une grande fertilité naturelle, moi-même souffrant d’endométriose que les traitements pour les FIV peuvent faire flamber et me plaignant de très fortes douleurs à chaque période de règles, elle pense intéressant de me « bloquer » entre chaque tentative. Gloups. Va falloir l’avaler cette putain de pilule quand même. J’ai bien du mal à imaginer qu’à mon infertilité on me conseille d’ajouter la prise d’une contraception orale.

Ceci dit, j’arrive ce soir à voir les choses sous un angle positif. Reprendre la pilule pourrait me permettre de tomber enceinte suite à un oubli de pilule… Ça arrive à d’autres, non ?! Et puis je me dis que prendre la pilule entre chaque tentative, s’il y en a une qui finit par marcher, ça serait un peu comme tomber enceinte en C1…

La boutique vous accueille!

J’ai aucune créativité mais j’aime les gens qui ont une imagination « fertile » 😉 et je vous conseille d’aller faire un petit tour sur la boutique. Vous pouvez même partager le lien !

ENFIN !

Mercredi, en attendant la psychologue, j’ai croisé la gynécologue de PMA et j’en ai profité pour lui dire que j’attendais le nouveau protocole. Elle avait oublié… et m’a dit de ne pas hésiter à la contacter quand je ne vois rien venir. Elle va donc s’y atteler !

Jeudi, à midi, épuisée par 10 jours de douleurs au ventre, au dos et aux jambes, 10 jours de ballonnements et de stress, un test négatif et toujours pas de règles, j’avais dans une main le papier avec le numéro de téléphone du secrétariat de la gynécologue et dans l’autre mon téléphone. Sauf que prise d’un doute, je suis allée vérifier un petit truc aux toilettes. J1 était arrivé !! Il a donc fallu menacer d’appeler la gynécologue pour que les règles débarquent finalement, le test urinaire et l’article sur le blog n’ayant pas suffi !

Et le soir, au roller, j’ai marqué un but lors du match de hockey ! Mon équipe a gagné 4-1, j’ai fait une passe décisive et marqué le dernier but. Le professeur a sifflé la fin du match juste après, j’étais vraiment heureuse ! Je n’avais pas marqué depuis que j’avais écrit un article pour parler du roller, c’est dire si ça commençait à dater !

Besoin d’aide !

J’ai parlé de mes règles dimanche mais je ne leur ai pas consacré un article exclusif, quelle grossière erreur !! Car elles ne sont pas là !! J’ai bien quelques pertes et surtout les grosses douleurs pré-menstruelles habituelles mais pas d’écoulement massif…

J’ai fait un test de grossesse en rentrant du travail – bien entendu négatif. Bon, la pharmacienne m’avait dit de le faire le matin mais sur la notice c’était écrit qu’on peut le faire quand on veut. A cause de ces règles absentes, j’ai d’ailleurs passé un mauvais moment à la pharmacie, car la pharmacienne – comme j’en ai profité pour acheter un autre médicament – m’a mise en garde : « ne prenez surtout pas ce traitement si vous pensez être enceinte ! ». J’ai failli lui répondre « je suis infertile, je veux confronter mon corps à un résultat implacable pour que les règles arrivent en vue d’un examen médical » mais j’ai juste hoché la tête…

Puisque cela ne suffit pas, j’écris donc noir sur blanc : VENEZ MES CHÈRES RÈGLES, JE MEURS D’ENVIE DE ME TORDRE DE DOULEUR !

Mes dernières règles sont celles d’après l’échec de la FIV, datées du 18 mars, arrivées en temps et en heure comme si rien ne s’était passé. Mais là, est-ce que le retard peut être dû à des résidus de traitements dans mon corps ? J’ai des pertes depuis une semaine mais pas de vraies règles, ça devient long…

Avoir la poisse.

Pour me consoler de l’annonce de ma belle-sœur, je commande un salon de jardin. Le délai de livraison est court : 6 jours ! Génial ! Sauf que 2 jours plus tard, je reçois un message : « rupture de stock »… C’était trop beau… Après diverses tractations par mail, nous recevrons quasiment le même (couleur noire au lieu de gris foncé) dans… 4 semaines ! La poisse.

Pour fêter notre anniversaire de couple, j’avais réservé un très bel hôtel pour une nuit. J’avais bien entendu fait attention à la date présumée de mes prochaines règles pour ne pas une fois de plus me retrouver dans cette délicate période. Ce que je n’avais pas prévu, c’était d’attraper une mycose ! Et oui ! Ça faisait des années que je n’en avais pas eue, il a fallu que ça tombe pile pour notre anniversaire ! Le pire, c’est que ça n’a pas voulu passer comme ça et que j’ai dû pleurer au téléphone pour obtenir un rendez-vous rapidement avec une gynécologue de mon centre. Nouvelle gynécologue, nouveau questionnaire, elle a vu que je suis suivie en PMA, me pose quelques questions à ce sujet, j’ai envie de pleurer, je me retiens (surtout quand elle m’a demandé s’il y a des embryons congelés). J’écarte les cuisses et elle m’observe, ne constate rien de particulier, à peine une petite rougeur (et pourtant à ce jour, les démangeaisons sont toujours présentes). Elle en profite pour me faire un frottis et une palpation des seins, comme cela datait d’il y a 3 ans (au moment où on s’est lancé dans la fabrication d’un bébé…). Le traitement prescrit : deux ovules à trois jours d’intervalle… En pause entre deux FIV et qui plus est en vacances, le comique de la situation ne m’échappe pas. Je me suis retrouvée à faire un aller-retour au centre pour écarter les cuisses et de retour chez moi m’enfiler un traitement dans le vagin… La poisse.

Toujours en vacances, j’avais prévu une journée au zoo avec mon chéri. Je voulais faire plein de belles photos des animaux. La veille, je regarde la météo précisément. De la pluie est prévue mais pas avant 15h, ça devrait le faire. Au zoo, à midi, on se prend un orage monumental sur la tronche… Trempés et frigorifiés… Et la plupart des animaux sont partis se cacher. La poisse.

Demain, je devrais je l’espère avoir mes règles. Il le faut car la suite a été calée en fonction de ça. Echographie pour faire le point sur l’endométriose après un an de traitement le 25 avril (échographie qui se fait après les règles). Et rendez-vous avec une gynécologue spécialisée en endométriose le 26 avril. Il faut donc que j’aie mes règles demain ou après-demain. Sinon ça sera vraiment la poisse.

La belle-fille de la coiffeuse

Il faudrait mener une étude nationale auprès des coiffeuses et de leur famille. J’ai bien l’impression que ce corps de métier fait face à un vivier infini d’infertilités se résolvant par un bon gertrudage en règle (WordPress me signale que le mot « gertrudage » n’existe pas dans la langue française mais je suis certaine que vous en comprenez la signification !).

Ainsi, je vais vous raconter l’histoire de la belle-fille de la coiffeuse de ma mère. Infertile patentée, après une dizaine d’années d’échecs, la belle-fille de la coiffeuse de ma mère (oui c’est long d’écrire tout ça) et son mari décident de « faire une croix » sur leur projet d’enfant et « passent à autre chose » en achetant un petit deux-pièces dans une région hors de prix. Et, surprise, alors qu’ils avaient « arrêté d’y penser », Madame (c’est plus court à écrire) se retrouve enceinte !

Bien entendu, je ne mets pas en doute la réalité de cette histoire contée par ma mère. Par contre, j’ai détesté le gros sous-entendu de cette histoire. Arrêter d’y penser, c’est donc ça la clé du succès ? J’ai tenté en vain d’expliquer à ma mère que je ne croyais absolument pas que ces gens aient pu arrêter d’y penser. Qu’ils aient fait le deuil d’un enfant, je veux bien le croire. Mais pas qu’ils aient réussi à oublier totalement ce si long épisode de leur vie ni à ne plus jamais penser que peut-être… sait-on jamais…

Ma mère s’est montrée en désaccord avec moi, persuadée que ces gens ont tout simplement « tourné la page ». On voit bien la différence dans la manière de penser entre les fertiles et les infertiles (pour rappel, ma mère : 1 avortement puis 4 enfants). Pourtant, je me dis que c’est comme faire le deuil d’une personne chère disparue. Au début, on pleure tout le temps. Et à un moment, on se rend compte qu’on a passé quelques minutes sans y penser. Puis quelques heures parfois. Mais on n’oublie jamais la personne. Et de temps en temps, on se laisse aller à la tristesse et à cette projection folle « et si elle était encore en vie, je pourrais la prendre dans mes bras »… Je suis convaincue qu’il en est de même lorsqu’on doit faire le deuil de sa fertilité.

L’annonce qui fait mal.

Ma belle-sœur, 24 ans, a arrêté la pilule en décembre. Et elle est enceinte de 2 mois. Elle qui nous voyait copines de grossesse il y a quelques mois. C’est raté. Et j’ai mal mal mal. Le cœur en morceaux. En miettes même. Est-ce qu’un jour ce sera mon tour ? Je l’ai félicitée, sans tout à fait le penser. J’ai fait semblant toute la journée. J’ai vraiment essayé de mettre un couvercle sur mon ressenti. Mais bien sûr, j’ai tout lâché dès qu’elle est partie. J’ai envie de hurler à l’injustice. Qu’est-ce que j’y peux ? J’ai des pensées horribles, je me dis que peut-être elle va faire une fausse-couche. Et je m’en veux tellement de penser de telles choses. Je suis un monstre. Un monstre rempli de haine et de souffrance. Et de culpabilité. Je sais que je n’ai pas à envier son bonheur, que la vie est ainsi faite. Je sais qu’une fois de plus il faudra que j’apprenne à accepter. En attendant, je n’ai que mes yeux pour pleurer (et ça, ils maîtrisent à la perfection). Et mon cœur pour souffrir.

Cotôyer les fertiles en toute sérénité ?

Gros ras le bol aujourd’hui.

Ma mère m’a dit il n’y a pas longtemps, « c’est étrange parce que toi tu rêves d’être enceinte alors que moi j’ai passé une grande partie de ma vie à vivre avec l’angoisse de tomber enceinte. » Ma mère, 4 enfants. Je suis l’aînée et elle a avorté avant de m’avoir car avec mon père, bien que mariés, ils n’étaient pas « prêts ». Puis comme ils sont devenus croyants-pratiquants, ils n’ont plus jamais utilisé de moyen de contraception et « laissé faire la nature » mais tout en « faisant attention ». Heureusement, je suis l’aînée et je pense avoir été désirée mais ça me pose quand même question pour les suivants… Et puis, porter ce poids pendant des années, la crainte d’être enceinte, je n’arrive pas à comprendre.

Une amie d’enfance qui a deux enfants, a avorté ensuite plusieurs fois et me dit qu’elle ne sait pas si elle doit m’en parler et m’en parle quand même (j’aime ce genre d’hésitations qui servent juste à déculpabiliser les gens…). Elle a (encore) avorté récemment car son conjoint le lui a demandé. « Tu avortes ou je me barre ». Ça ne va pas fort entre eux depuis un moment, elle voulait pourtant garder cet enfant mais aussi sauvegarder son couple, j’imagine par quelles épreuves elle est passée pour prendre sa décision. Mais je n’arrive pas à comprendre.

Je dois être bouchée ou manquer d’empathie. Je n’ai rien dit cependant, juste souffert en silence.

Et puis, il y a ces personnes pourtant proches qui sont au courant de mes errances en PMA depuis un an et demi et qui ne peuvent s’empêcher de me conseiller. Après le déménagement, les vacances, arrêter d’y penser, changer de mec, trouver le bon trou, la tendance actuelle est le « deuxième avis ». J’y avais d’ailleurs pensé toute seule et j’ai un rendez-vous dans quelques semaines avec une autre gynécologue, spécialiste de l’endométriose. Alors, ravie de ce que je croyais être une réelle trouvaille (vu l’engouement suscité par cette solution ces derniers temps), j’en ai parlé aujourd’hui à une amie qui m’a bien démoralisée… A quoi bon prendre un deuxième avis ? Ma gynécologue de PMA ne va peut-être pas apprécier ? Et ça veut dire que je vais avoir des bouts de dossiers un peu partout, quel intérêt ?

J’en ai maaaaaaaaaarre… 😥

Accepter ?

Quand j’ai reçu le diagnostic d’endométriose, j’ai été soulagée. Un nom bien réel expliquait enfin mes symptômes. Mes douleurs n’étaient pas « dans la tête » mais bien « dans mon ventre ».  Ce diagnostic, je l’ai à peu près accepté. Même si j’ai parfois du mal avec le caractère irrémédiable de l’endométriose. Cette saloperie s’est installée dans mon corps et n’en partira plus. Mais ce que je n’arrive pas du tout à accepter, c’est l’infertilité qui est associée à mon endométriose. C’est d’autant plus compliqué pour moi que l’infertilité n’est pas systématique. Alors, pourquoi moi ? Pourquoi je suis du mauvais côté des statistiques ? Je n’arrive pas à m’y faire. Et pourtant, après trois insémination et une fiv, et toujours pas de bébé et pas vraiment d’espoir, c’est on ne peut plus clair. Je ne peux pas m’y résoudre. Je n’arrive pas à me penser infertile. J’ai toujours cette impression que c’est temporaire, que l’infertilité va miraculeusement s’envoler. N’importe quoi.

Je me fais étrangement penser à certains parents d’enfants dont je m’occupe. Des enfants présentant des déficiences diverses. Certains parents parviennent à accepter le handicap. D’autres enchaînent les consultations auprès de « spécialistes » dans l’espoir de trouver LE problème et donc LE remède. D’autres encore se voilent la face et voient leur enfant poursuivre une scolarité normale. J’ai l’impression d’être ces derniers parents, quoi qu’on me dise, quoi que les résultats montrent, je n’arrive pas à y croire…

Je sais qu’il s’agit surtout d’une lutte contre l’effondrement. Les quelques fois où je parviens à réellement penser à mon infertilité, à entrevoir une possible vie sans enfant, j’éprouve un vertige immense, un sentiment de malaise tel que je ne peux m’y plonger longtemps. J’ai peur, vraiment peur de ce que ce mot « infertile » implique. Et j’ai peur parce qu’il n’y a pas de retour en arrière possible. On ne peut pas réparer mon ventre. Et je ne peux pas remonter le temps et essayer de faire un enfant plus tôt, quand les signes de l’endométriose étaient encore peu présents. En plus, c’est ridicule, je n’étais pas avec mon chéri, je n’avais pas envie d’avoir un enfant, alors pourquoi regretter maintenant ?…

J’espère qu’un jour je parviendrai à être au clair avec tout ça et, surtout, à me sentir moins submergée par toute cette tristesse…