Père, pardonne-leur…

La référence de mon titre est tirée de la Bible (Luc, 23-34) : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Se moquer des personnes infertiles, c’est comme se moquer des personnes autistes. Ça ne sert à rien. Ce n’est pas parce qu’on rira de ses stéréotypies qu’un autiste les stoppera. Ce n’est pas parce qu’on craindra ses cris(es) qu’il guérira.

L’infertilité touche 15% de la population, c’est beaucoup. Se moquer de 15% de la population, c’est ne pas voir plus loin que le bout de son nez. C’est surtout faire preuve d’un esprit étriqué. Parce qu’il est bien évident que si tout le monde n’est pas personnellement confronté à l’infertilité, tout le monde est ou sera confronté à des galères au cours de sa vie, peu importe le domaine (famille, maladie, travail, argent, etc.). Et se moquer des difficultés des autres, à part tenter de restaurer une estime de soi défaillante, je n’en vois pas l’intérêt.

Aussi, je me dis que si des personnes agissent ainsi, c’est comme le dit Jésus parce qu’ils/elles ne savent pas ce qu’ils font. Autrement dit qu’ils n’ont pas toute leur tête. Ce qui est rassurant, c’est que tout n’est pas définitivement perdu. « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! » (Mathieu 5-3)

PS : avant d’être taxée d’intégrisme religieux, je me permets de rappeler cet article qui retrace mon éducation. Et si j’ai pris l’exemple de l’autisme, c’est parce que je travaille avec des enfants autistes et que les réflexions des personnes bien pensantes, notamment sur la mauvaise éducation, je les connais. Cette pathologie n’est que le fruit du hasard… comme l’infertilité.

Accablée…

Je n’arrive pas à refaire surface. J’ai l’impression d’avoir perdu le goût à tout. Bien sûr, il y a ce dernier rendez-vous avec la gynécologue PMA, tellement d’informations… J’essaye de supprimer les produits laitiers mais ce n’est pas chose aisée. Ce matin pendant les courses, au rayon des fromages, je bavais devant le Munster…

Le fromage n’est pas lui seul la cause de mon malheur. Il y a aussi cette nouvelle information, la présence d’adénomyose dans mon utérus. Et le week-end qui a suivi, un condensé d’états d’âmes trop contradictoires.

Un repas au restaurant avec un couple d’amis. Tout un repas à me torturer l’esprit. Je suis convaincue que mon amie est enceinte. Mais elle ne dit rien. Est-ce moi qui deviens folle et ne vois plus que des femmes enceintes partout ? Pourtant, j’en suis persuadée. Ou alors elle a vraiment grossi mais c’est louche. Finalement, en toute fin de soirée, l’annonce. Comme un cheveu sur la soupe. Je le savais, p*tain… J’ai mal, je fais bonne figure mais bien entendu, j’ouvre les vannes dès que nous les quittons. Mon chéri n’avait rien remarqué. Et je pleure, pleure, pleure tout en conduisant pour rentrer chez nous.

Le lendemain, journée de randonnée en rollers. Jamais fait encore, j’appréhende un peu. Et alors que je bois mon café, je reçois un message groupé sur Facebook. Adressé à toute ma famille de la part de ma sœur. Il s’agit d’un lien vers un article qui compare les mamans au boulot aux mamans à la maison. Juste ça. Pas de bonjour, pas de petit mot accompagnant le lien. Juste ce comparatif qui conclue que, peu importe la situation, être maman c’est épuisant. Bien entendu je fonds en larmes. Et commencer la journée de la sorte me mine complètement. Je pleure dans la voiture devant tant d’indélicatesse. J’enrage également. J’enverrai par la suite un lien vers un article qui traite de l’infertilité dans le cadre de l’endométriose. Bizarrement, à l’heure actuelle, je n’ai toujours eu aucun commentaire. J’espère que ma sœur s’est sentie conne. Au moins juste ça parce qu’elle m’a ruiné ma journée de rollers. Que les règles se sont empressées d’achever. Rouler avec le mal au ventre et la crainte de la tache… trop bien. J’ai quand même fait une trentaine de kilomètres.

J’ai acheté une voiture ce jour-là également. Une voiture plus petite que celle que j’ai actuellement. Un peu un coup de tête. Un coup de mal-être. Un projet facile à réaliser et un doigt d’honneur que je m’adresserai peut-être si j’arrive à avoir un enfant. Ben oui, la voiture est petite, pas vraiment le genre de la mère de famille que je vois en moi. Tant pis, au moins elle me plaît mieux que la longue voiture que j’ai actuellement. J’ai tout de même du mal à réellement me réjouir et je crois que le vendeur l’a remarqué. Il a insisté : « félicitations QUAND MÊME pour cet achat ! ». J’ai eu du mal à lâcher un sourire.

Et le soir de toujours ce même jour, j’ai pris mon premier comprimé de pilule. J’ai mis en place une alarme afin de ne pas oublier. Tellement plus l’habitude de prendre cette m*rde… J’en ai vraiment gros sur le cœur.

De l’acupuncture mais pas que !

Ou comment tuer le suspens rien qu’avec le titre !

Vendredi, j’avais rendez-vous avec ma gynécologue PMA pour une séance d’acupuncture pré-FIV. Sauf que d’entrée de jeu elle m’a demandé quand je reprenais. Je pensais qu’elle le savait !! J’évoque la proposition de la sage-femme de remplacer le Provames par un cycle de pilule, elle adhère bien entendu. Et me demande de quelle pilule il s’agirait. Je sors l’ordonnance de la gynéco ENDO de mon sac, toute froissée, ce qui la fait sourire car, évidemment, je ne suis toujours pas passée à la pharmacie (ça va faire un mois que j’ai cette ordonnance)… Je lui avoue que j’ai un mal fou à me convaincre que je dois reprendre la pilule alors que j’essaye d’avoir un enfant. Mais je n’ai guère le choix.

Ma gynécologue n’étant manifestement pas pressée par le temps, elle compare le résultat de la récente échographie de contrôle de l’endométriose aux photos de mon intérieur de l’année dernière (cœlioscopie de février 2015). Elle me dit que c’est normal que des adhérences reviennent mais que ce n’est pas alarmant, que mon endométriose reste « limitée » au côté gauche (c’est déjà trop je trouve) et que cela explique les douleurs que je ressens continuellement. Elle m’apprend aussi que j’ai de l’adénomyose (n’en jetez plus, franchement… 😦 ) et que mes saignements hors règles en sont un symptôme.

Je lui parle ensuite de mes crises d’endo, de mes maux de ventre récurrents, du ventre gonflé, ballonné, de la digestion douloureuse tous les soirs… Et elle me branche sur l’alimentation, rigole quand je lui parle de tartines au Nutella : « c’est pour les ados, ça ! » mais surtout me demande de stopper les laitages et donc les FROMAGES pendant un mois (en plus de la suppression des crudités donc elle m’avait déjà parlé antérieurement). Elle pense que je ressentirai un confort digestif rapidement. Peut-être. Peut-être mais mon moral lui va gagner en inconfort c’est certain. Plus de fromages du tout du tout ?? J’ai failli m’étrangler de fureur rage surprise. Elle a consenti à m’autoriser le fromage de chèvre LE MATIN…

Enfin, nous avons pu passer à la séance d’acupuncture. Certaines aiguilles m’ont fait bien mal sur le coup. Puis elle m’a abandonnée pendant fort longtemps. Et j’ai attendu, attendu qu’elle revienne en essayant de deviner l’heure qu’il pouvait être (j’avais deux réunions l’après-midi et je me voyais déjà dans l’incapacité matérielle de manger…). Quand elle est revenue enlever les aiguilles, elle m’a demandé si je m’étais reposée. J’ai répondu par l’affirmative et elle a rétorqué que je lui disais ça à chaque fois alors que je passais mon temps à ruminer ! Elle en a profité pour me parler d’auto-hypnose, m’a donné le nom d’un confrère que je n’ai pas noté et que j’ai instantanément oublié et m’a proposé un prochain rendez-vous le 24 juin.

Juste avant de partir, je me suis souvenue qu’elle avait dû recevoir le résultat de nos caryotypes et je les lui ai demandés : ils sont normaux. Ouf !

En résumé, une séance d’acupuncture extra-large (et un bleu sur le ventre le lendemain…) et beaucoup de choses à digérer. La pilule, l’adénomyose, la suppression stricte du fromage… et la mise en pause de mon cerveau ! Vaste programme…

A bout de souffle…

Je travaille avec des enfants pas comme les autres. Des enfants dont souvent plus personne ne veut. Rejetés de l’école, de la garderie, de la cantine, du centre de loisirs. Parfois même – rarement heureusement – de leur famille. Les enfants dont je m’occupe ont des troubles du comportement, des troubles de la personnalité, des troubles relationnels, des troubles de l’apprentissage. Des troubles affectifs, en « hyper » ou en « hypo ».

Certains ne viennent que très peu, sont malgré tout scolarisés, ont des parents qui tentent de leur procurer tout un panel de prises en charge variées. D’autres sont là tout le temps. Et me jettent à la figure leur violence, leur désarroi parfois, leur ennui. Leur absence d’élan vital. Ceux-là m’épuisent. Une dizaine d’années à leur côté et l’issue est toujours la même, une orientation en institution spécialisée. L’usure professionnelle, je la ressens quotidiennement.

J’en ai marre de gérer les conflits, de discuter, de négocier, d’expliquer, de faire la police. Parfois de devoir contenir physiquement pour limiter l’explosion. J’en ai marre des insultes, des crachats, des griffures. Depuis que j’essaye d’avoir un enfant avec mon chéri d’amour, c’est pire. Tous les jours je suis triste de m’occuper des enfants des autres sans grand résultat. Tous les jours j’ai peur d’avoir un enfant différent. Parce que ces maladies sont pour certaines le fruit du hasard. Ce même hasard qui m’a rendue infertile.

+ 3

+ 3 kg depuis la FIV de février/mars. J’ai un peu la haine. Je prends rarement du poids d’habitude. Sauf quand on me donne des hormones. Quand je prenais la pilule, je prenais également systématiquement du poids… J’espère reperdre ces kilogrammes disgracieux qui bien évidemment se sont installés sur mon ventre et mes hanches… 😦 Mais la perspective de FIV2 prochainement ne me rassure guère sur ce point…

+ 3 remarques à la con ces derniers jours :

  • « tu comprendras quand tu auras des enfants »
  • « et vous, c’est pour quand ? »
  • « parfois, c’est quand on s’y attend le moins que les choses arrivent »

J’en ai marre !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Endométriose de m….

Vendredi, je devais aller faire une échographie pour vérifier/contrôler l’évolution ou non de mon endométriose. D’habitude, quand j’en ai besoin, je me récompense après un examen ou un rendez-vous difficile. J’ignorais si cet examen serait compliqué pour moi mais j’ai fait les magasins AVANT ! Ce qui m’a d’ailleurs mise de bonne humeur car il y avait pas mal de promotions ; ainsi j’ai dépensé peu mais je me suis fait plaisir. J’étais détendue pour me rendre au centre. En plus, je devais retrouver mon chéri qui avait proposé de m’accompagner. Nous étions en avance et avons attendu bien longtemps… Mon chéri a assisté à l’échographie, sa première, il était temps ! Le médecin me dit qu’elle ne voit pas de nouvelles adhérences depuis l’échographie de 2014 et qu’il ne semble pas intéressant de pousser les recherches davantage, mais elle me confirme tout ça une fois le compte-rendu établi.

Lorsqu’elle me remet le compte-rendu, elle me dit ne pas estimer nécessaire de subir faire une IRM car mon endométriose n’a pas évolué depuis 2014 sauf si ma gynéco PMA le demande. Je reverrai ça avec elle le 20 mai. Je suis en attendant très soulagée de ne pas devoir pousser plus loin les investigations, c’est toujours un examen en moins et donc quelque part du temps gagné !!

De retour chez nous, mon chéri me dit qu’il est impressionné par ce que je me suis pris dans le vagin… Impressionné et presque choqué d’ailleurs. Je suis tout de même bien contente qu’il ait pu venir pour une fois. Je lis la conclusion du compte-rendu : « persistance d’un endométriome ovarien gauche de 23 mm associé à des adhérences entre l’ovaire gauche, la séreuse utérine et une anse digestive au contact. Il ne semble pas exister d’évolution péjorative par rapport aux examens de 2014. Pas d’indication de complément d’imagerie par IRM ce jour. » Et, finalement, moi qui étais si enthousiaste, je déchante. Je me dis que l’endométriose est une belle merde qui revient sans cesse car j’ai été opérée en 2015 et les adhérences avaient été enlevées.

Et conséquence ou pas de ma morosité retrouvée, depuis vendredi j’ai droit à une grosse crise d’endo, bien violente, le ventre gonflé, des douleurs atroces qui m’empêchent même de dormir et m’ont fait craquer hier soir. Tellement marre de lutter contre cette maladie de merde et son infertilité associée. Parfois je me demande vraiment ce que j’ai fait pour mériter tout ça…