Le médecin du travail

D’avoir recroisé la route du psychologue du personnel m’a fait repenser à cette période bien sombre de mon histoire, celle du burn out.

A peine mon médecin traitant avait-il prononcé ces deux mots que j’avais pris rendez-vous avec le médecin du travail. Comme il m’avait fallu attendre un peu, la secrétaire m’avait donné un rendez-vous avec le psychologue du personnel.

J’avais ensuite vu le médecin du travail quelques jours plus tard. Habituellement je le rencontre une fois par an dans le cadre d’un rendez-vous obligatoire et expéditif (cinq minutes, montre en main) et le médecin se montre généralement agréable et prêt à échanger si je le souhaite. Or ce jour-là, il m’avait paru très froid, me poussant dans mes retranchements alors que j’étais en larmes et que je peinais à aligner deux mots intelligibles de suite. Il m’avait sermonnée, me disant que je m’occupais de patients difficiles mais pas de moi. Que je n’avais pas pris garde aux signes avant-coureurs. Que j’avais étouffé mes sentiments.

Il s’était finalement adouci et m’avait dit qu’il demanderait à mon médecin traitant de prolonger encore l’arrêt de travail. Que j’avais bien travaillé pendant 11 ans et que maintenant l’hôpital reconnaissait qu’il fallait que je me (re)pose pour revenir en forme. Il m’avait aussi demandé si j’avais d’autres soucis en dehors du travail et je lui avais parlé de la PMA, des échecs à répétition, des traitements, de l’attente vaine et vide. Il avait conclu qu’avec deux domaines de ma vie en grande méforme, il était normal qu’à un moment « ça tape trop sur le système » et je lui en avais été reconnaissante. Lui au moins avait su prendre en compte mon problème dans toutes ses dimensions.

Le psychologue du personnel (3)

Je ne m’attendais vraiment pas à le revoir. Lui qui m’avait prédit que mon nouveau poste ne supprimerait en rien mes « problèmes » au travail et que j’aurais encore besoin de lui… Il m’avait laissé un tel mauvais souvenir, avec sa suffisance et ses idées arrêtées, que j’avais véritablement espéré ne plus jamais croiser son chemin.

Quand je travaillais avec les adolescents, même si ce fut court, j’avais eu le temps de demander une formation sur le repérage et la gestion de la crise suicidaire. Cette formation avait été acceptée en début d’année, alors que j’étais de retour auprès des enfants. Même si j’avais peur de retourner dans la ville maudite et surtout de croiser d’anciens collègues et de culpabiliser d’avoir « abandonné » mon poste, j’avais choisi de garder cette formation. Oui, des fois je crois que je suis forte !

Le matin du premier jour de formation, je n’en menais pas large. Surtout qu’à peine arrivée, qui m’ouvre la porte ? Le psychologue du personnel ! Qui me dit qu’il anime la formation. Et en profite pour me demander des nouvelles. Je réponds succinctement que tout se passe bien et il me répond qu’il est content pour moi.

Une fois installée dans la salle de formation, je me rends compte que je ne connais personne (hormis ce satané psychologue) et je souffle un bon coup. Je me sens un peu plus rassurée et j’arrive même à me présenter sans (trop de) stress lors de l’inévitable tour de table.

Après le repas de midi, lorsque nous sommes en formation dans la ville maudite, il faut toujours sacrifier à la tradition du café payé par les intervenants à la cafétéria de l’hôpital. Le prix est attractif et même, imbattable. 0,30€ le café ! Sournoisement, le psychologue du personnel en profite pour me poser des questions sur mon nouveau poste et me balancer des piques. « Oh mais moi je ne pourrais pas travailler avec les enfants ». « Quelle horreur, aller à la piscine avec les enfants ». « Et qu’est-ce que ça crie, les enfants ». Je réponds en souriant que tout ça me convient bien.

Le lendemain, toujours lors du café digestif, le psychologue tente carrément de me déstabiliser : « ça aurait été quand même tellement plus simple que vous restiez avec les ados ! », notamment parce que je parlais de mes trajets en voiture qui ont grandement augmentés. Je lui ai répliqué que l’important était que je me sente bien dans mon travail (il devrait pourtant le savoir, ça). On a ensuite parlé des ateliers avec les enfants, et de l’atelier cuisine lors duquel nous préparons un repas entier. « Et vous mangez ce que préparent les enfants ? » m’a-t-il demandé, la mine dégoûtée. Et, goujat, il a ajouté : « ma femme aussi travaille avec des enfants, et quand elle me ramène des gâteaux qu’ils ont faits, je les mets à la poubelle »…

Même si la formation était très intéressante, j’étais bien contente qu’elle ne dure que deux jours…

Bryan n’est pas dans la cuisine…

… ni dans aucune autre pièce de la maison. Et ce n’est pas faute d’avoir verrouillé la porte à double tour…

Mon corps, une fois de plus, n’a pas su accueillir d’embryon. L’endométriose de merde ? La gastro-entérite de merde ? La malchance ? Le mauvais côté des statistiques ?

Nous arrivons doucement aux 5 ans d’essais pour avoir un enfant. Et cela fait 3 ans 1/2 que nous sommes suivis en PMA. Les pages du livre se tournent et le dernier chapitre approche dangereusement.

Je n’ai pas encore eu le courage d’appeler le centre de PMA mais la décision est prise : nous accepterons le rendez-vous pour faire le point, savoir si des examens seront prescrits et connaître le futur protocole pour FIV 4. Puis nous ferons une pause de plusieurs mois…

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Tout s’explique…

Bryan is in the kitchen…

… Mais jusqu’à quand ?

Mon emBryan a bien voulu reprendre vie au laboratoire du centre de PMA et le transfert s’est déroulé sans aucune difficulté. Bryan est un joli J5 costaud et je compte sur lui…

A vrai dire, je comptais beaucoup sur lui mais j’ai vite déchanté. La nuit suivant le transfert, j’ai eu la gastro. La bonne gastro dont tout le monde raffole : vomissements (même le ventre vide), diarrhée, fièvre, courbatures. Je n’ai rien mangé pendant 36 heures, j’ai perdu 2 kg et je ne serais pas étonnée que Bryan en ait profité pour se faire la malle…

Depuis, j’ai attrapé un gros bouton d’herpès sur la lèvre et une porte d’armoire m’est tombée sur la tête au boulot. La fin des emmerdes, c’est pour quand ?

#teamprintemps : de la brioche et de la couture !

Je remercie une nouvelle fois La FIV en rose pour ce défi bonne humeur ainsi que Nirnaeth pour le défi pâtisserie ! 

Ce week-end, j’ai cousu : j’ai terminé un pyjama pour mon mari (j’ai galéré pour le col, j’espère faire mieux la prochaine fois !) et j’ai commencé un sweat-shirt pour moi avec un beau tissu avec des trèfles à quatre feuilles. Puisse-t-il me porter chance…

Et j’ai cuisiné : des petits palmiers qui ont un peu une sale tronche et une brioche pétrie à la main (car je n’ai pas de robot).

#teamprintemps : Mon anti-top 5 musical

Au niveau de la musique, impossible de me déterminer et de ne retenir que 5 titres ! L’idée du challenge de Lafivenrose, c’est un partage de bonne humeur pour toute la joyeuse bande de transférées printanières en cours ou presque. Or, il se trouve que je n’écoute quasiment pas de musique joyeuse, gaie, entraînante !

Plus jeune, j’écoutais des groupes comme Nirvana, Téléphone, Trust, Iron Maiden, liste absolument pas exhaustive. Pas du super joyeux ! J’avais une admiration sans borne pour Radiohead et son fameux Creep, mais aussi et surtout pour son magnifique album OK Computer que j’ai écouté des milliers (des millions ? des milliards ?) de fois. J’ai ensuite petit à petit commencé à écouter du rap dont l’incontournable Eminem. Je me souviens aussi avoir écouté en boucle un titre de NTM : « laisse pas traîner ton fils ».

Actuellement, j’écoute essentiellement ce qu’on appelle du rap conscient et mes deux favoris sont sans conteste Keny Arkana et Kery James. Je serais bien en peine de choisir quelques morceaux tant la majorité me parle. Et puis j’aime Orelsan aussi et là encore, la plupart de ses textes me parlent (suicide social, basique, défaite de famille pour ne citer qu’eux).

Je suis une grande nostalgique, une mélancolique même et quand un morceau – triste – me plaît, je suis capable de l’écouter pendant des semaines et des semaines. Je pourrais vous parler encore pendant des heures de musique, de ma formation musicale archi classique (solfège – piano), de mes parents qui ne m’ont longtemps autorisé que les musiques chrétiennes ou la musique classique, des quelques concerts (ah ! il y avait Sinsémilia ! la Ruda Salska ! ou Hubert Félix Thiéfaine !) auxquels j’ai assisté mais je m’égare !

La prochaine fois, je ferai la liste de mes livres préférés, ça sera encore pas triste !

La Progestérone, tu l’aimes pas mais tu la prends quand même…

Samedi soir, nous étions attendus chez mon frère pour passer la soirée et rester dormir. J’avais couru toute la journée, entre courses, desserts à faire (pour le samedi et le dimanche), cours de couture et valise à préparer. Nous étions finalement en route tout à fait dans les temps et je me suis laissée aller à un peu d’auto-suggestion. J’ai pensé au transfert à venir et au fameux « lâcher-prise », concept lointain et fumeux ! Mais je voulais essayer de me détendre et j’étais en train de me faire une petite rengaine mentale (« de toute façon tu ne pourras plus rien faire, le résultat ne dépendra pas de toi, par contre il t’appartiendra de tout faire pour que l’attente se passe au mieux, etc. ») quand un élément crucial m’est apparu : la Progestérone ! Je devais la commencer le soir-même (deux capsules le soir, puis deux matin et soir) et je l’avais OUBLIÉE !

Catastrophée, j’ai demandé à mon mari de sortir immédiatement de la voie rapide car nous étions à proximité d’une ville – de petite taille mais une ville quand même. Hélas ! Un samedi soir à 18h45, nous avons eu beau faire le tour des pharmacies, nous n’avons trouvé que portes closes… La mort dans l’âme, j’ai composé le numéro payant pour trouver une pharmacie de garde. On m’a d’abord orientée auprès d’une gendarmerie pour obtenir les coordonnées de la pharmacie de garde la plus proche, mais le gendarme n’a rien voulu savoir. Pour lui, il fallait une ordonnance du jour ! Je n’avais même pas mon ordonnance avec moi et elle n’était de toute façon pas de ce jour…

J’ai appelé un deuxième numéro, sans ordonnance ce n’était pas possible en « pleine » nuit (19h15 quoi) mais le lendemain à partir de 9h…

J’ai appelé un troisième numéro, celui de la pharmacie la plus éloignée (à 45 minutes de route). Une gentille pharmacienne m’a dit de venir, qu’elle ne me laisserait pas sans Progestérone mais qu’il fallait que j’essaye de joindre mon centre de PMA pour connaître le dosage exact et demander à ce qu’une ordonnance lui soit faxée « pour être dans les clous ».

Tandis que nous reprenions la route (trouvant le trajet trop long, mon chien en a profité pour vomir… Super…) et prise d’une subite inspiration, j’ai entrepris des recherches méticuleuses dans le fouillis de mon sac. Et miracle ! L’ordonnance de Progestérone s’y trouvait ! J’ai pu ainsi la donner à la gentille pharmacienne qui m’a dit qu’en plus, la Progestérone était possiblement renouvelable sur mon ordonnance, et donc que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Nous sommes arrivés chez mon frère avec 1h30 de retard… Il ne nous en a pas tenu rigueur, comprenant l’importance du traitement et nous avons passé une très bonne soirée. Lorsque nous nous sommes couchés, j’ai mis mes deux premières capsules de Progestérone durement acquises et me suis endormie en pensant que peut-être… ce serait un jour le début d’une aventure incroyable.

Mais seul l’avenir nous le dira.

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