Le « bel » été.

Lorsque j’ai revu la gynécologue de PMA, j’ai compris qu’il ne fallait plus trop avoir d’espoirs, la prise de pilule étant la cerise sur le gâteau. J’ai calé l’IRM : le 1er août, et le rendez-vous pour faire le point : le 22 août. Entre les deux, nous partirons deux semaines en vacances dans les Alpes et essaierons de couper nos pensées… Y arriverons-nous seulement ?

J’ai vu un gynécologue pour le suivi gynécologique annuel. Je ne le connaissais pas mais il a pris la peine de noter tout mon parcours et de me conseiller en conséquence. Etant donné mon âge (37 ans) et le nombre de stimulations de FIV subies (4), il m’a prescrit une échographie mammaire ainsi qu’une mammographie. Il m’a dit qu’il ne vérifiait pas mes seins puisqu’une machine s’en chargerait une semaine plus tard. Soulagée de n’avoir qu’un petit délai d’attente, j’ai acquiescé. J’ai déchanté le lendemain quand j’ai entendu que le premier rendez-vous proposé par la secrétaire était pour un mois et demi plus tard…

Depuis, je stresse.

Au moins, le frottis a été fait (le dernier datait de deux ans, donc parfaitement dans les clous). Et le gynécologue m’a dit que, sauf problème entre-temps, je pouvais très bien ne revenir que dans deux ans, comme le veut la recommandation actuelle. Il a dicté un courrier à mon médecin traitant, parlant notamment de ma tristesse liée au parcours de PMA et des examens qu’il me prescrivait.

Je suis allée chez le dermatologue faire vérifier mes grains de beauté, il n’a trouvé aucune anomalie ou étrangeté. Ouf. Mon oncle est décédé d’un cancer de la peau, c’est pourquoi je dois faire contrôler régulièrement mes grains de beauté.

Il ne manque plus qu’un rendez-vous chez le dentiste pour parfaire ma tournée médicale estivale…

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#viedemerde !

Aujourd’hui, mon cousin – éternel toxicomane et dont j’ai des nouvelles tous les tremblements de terre – m’a écrit pour m’annoncer que sa copine est enceinte.

#vdm

PS : j’ai vérifié, le site viedemerde existe toujours.

PS 2 : je devrais peut-être leur soumettre ma VDM.

PS 3 : avec des tags explicites, #1couplesur6 #infertile #endogirl #enpmadepuistroplongtemps

Mayotte

De Mayotte, je ne connaissais que les récents événements qui s’étaient frayé un chemin au milieu des informations métropolitaines : les grèves et les blocages de l’île pour dénoncer l’insécurité. J’étais cependant parvenue à visionner quelques documentaires positifs sur l’île en forme d’Hippocampe avant de partir.

Ce qui frappe dès la descente d’avion à Petite-Terre, c’est la chaleur, étouffante, et la terre, rouge. Les routes remplies d’ornières, le taxi proche d’un taxi-brousse, la barge pour rejoindre Grande-Terre. Les noms des villes et villages : Pamandzi, Mamoudzou, Bouéni ou encore M’Tsangamouji. Ces femmes et ces hommes au dialecte étranger, aux vêtements colorés, aux enfants nombreux. La moyenne d’âge sur l’île est de 17 ans.

On peine à croire que Mayotte est bien un département français tant le manque de moyens est criant. S’il y a l’eau potable et l’électricité, il n’est cependant pas rare de croiser des femmes laver le linge dans la rivière. Des marchés sauvages envahissent les bords des routes, on y trouve des fruits et des légumes. Le poisson est vendu le soir directement au retour de la pêche sur la petite place du village. Les voitures sont bien souvent dans un état lamentable, notamment en raison du mauvais entretien de la voirie. Et quand elles ne peuvent plus rouler, elles sont abandonnées le long des routes… Certaines plages sont sales et certains lieux ne peuvent s’offrir au touriste qu’avec un guide local en raison de la pauvreté des habitants de l’île qui, parfois, les pousse à voler.

L’accueil des touristes est peu développé, il n’existe qu’une poignée d’hôtels, très peu de restaurants et de boutiques. Seules quelques prestations sont proposées : plongée, balade en mer, ULM.

Les paysages sont époustouflants, l’eau du lagon est pure et est un refuge pour les tortues. En nageant jusqu’au tombant, on découvre à travers le masque mille poissons aux couleurs exotiques. Les dauphins accompagnent les petites embarcations de touristes et de pêcheurs. Les îlots de sable blanc sont une pure merveille. La forêt primaire est un havre de paix. Les mahorais sont accueillants et toujours prêts à renseigner le touriste égaré, les panneaux-indicateurs faisant clairement défaut ! La faune est très présente : outre les tortues et les dauphins, les makis sont facilement observables ainsi que les roussettes – de grandes chauves-souris diurnes.

Je suis déjà allée deux fois à la Réunion et j’en avais été enchantée. Je suis revenue de Mayotte conquise par la simplicité de la vie et la beauté de la nature, et avec une grande envie d’y retourner.

L’infirmière de santé au travail (2)

Tout comme le psychologue du personnel, j’ai revu l’infirmière de santé au travail – qui m’avait reçue il y a deux ans – de manière tout-à-fait fortuite, c’est-à-dire en formation (je vais arrêter les formations au sein de l’hôpital je crois !). Mon absence chronique de reconnaissance des visages m’a – comme trop souvent – empêchée de voir à côté de qui je m’asseyais… Par recoupement, j’ai fini par mettre un nom sur son visage et, visiblement, elle aussi.

Au détour d’une pause, elle en a profité pour me demander des « nouvelles » (oui, avec les guillemets et en italique, genre c’est un petit secret entre nous). J’ai donc répondu succinctement – puisque manifestement elle n’avait pas remarqué qu’à aucun moment je n’avais pris part aux discussions concernant la progéniture (bizarrement, c’est un sujet de conversation TRÈS envahissant quand les gens ne se connaissent pas ou peu) – que nous avions désormais fait trois inséminations et quatre FIV et que j’avais toujours de l’endométriose. ET là, j’ai bien senti que j’avais dit le mot qu’il ne fallait pas !

Emballée, elle m’a aussitôt parlé de cette actrice qui avait accouché récemment après s’être battue pendant une décennie contre l’endométriose ! Avec ce gros sous-entendu à peine dissimulé : « ÇA  MARCHE ! » Elle m’a dit avoir été émue du reportage, qu’à ma place elle irait à Rouen pour avoir un avis et pourquoi pas me faire opérer – pour que ça marche. Je lui ai rappelé que ça ne fonctionnait pas toujours, malgré les efforts fournis, qu’ils soient conjugaux et/ou médicaux. Elle a eu l’air dubitative. « Mais quand même, ils ne savent pas pourquoi ça ne fonctionne pas ? » Je lui ai redit que l’endométriose est une maladie complexe, qui joue sur plein de tableaux mais pas forcément tous en fonction des femmes et que, oui, cette maladie peut aller jusqu’à empêcher définitivement toute grossesse.

Elle s’est alors souvenue qu’elle avait un couple d’amis qui n’avaient jamais pu avoir d’enfant(s). Ces amis avaient toujours plein de projets à lui proposer mais n’étaient souvent pas compatibles avec quatre enfants. Elle a ajouté que la vie était mal faite quand on y pense ; elle, elle ne voulait pas de quatrième enfant… J’ai simplement conclu qu’effectivement, c’était injuste, et je suis retournée à ma prise de notes.

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