La sage-femme

Il peut sembler incongru – en fait, ça l’est ! – de consulter une sage-femme alors qu’il n’y a pas l’ombre d’une grossesse à l’horizon. Incongru, voire masochiste ?

Depuis plusieurs années, je suis embêtée par de petites fuites lorsque j’éternue ou lorsque je saute sur un trampoline. Honteuse, j’avais jusqu’à présent gardé cela pour moi. Le problème demeurant en l’état, j’ai pris mon courage à deux mains pour en parler au gynécologue de suivi classique (si vous allez voir l’article qui lui est consacré, vous noterez que je me suis bien gardée de parler de cet échange… je me sentais trop confuse pour l’aborder en public). Il n’a pas du tout rigolé et a pris cela bien au sérieux. Il m’a prescrit une analyse d’urine au cas où une vilaine bactérie se promène par là et dix séances de rééducation du périnée.

Dix séances de rééducation du périnée, forcément ça fait tout de suite penser aux suites de la grossesse et de l’accouchement. Je n’étais pas du tout enchantée de devoir consulter une sage-femme pour ce problème hors grossesse. J’avais peur de la méprise et j’ai laissé traîner l’ordonnance presque trois mois.

J’ai fini par appeler la sage-femme du village à côté de chez moi et nous avons convenu d’un rendez-vous.

Le cabinet est vieillot et il y a des affiches et des revues sur la parentalité. Je me concentre sur mon téléphone pour ne pas voir. La sage-femme est relativement jeune et souriante. Elle me pose des questions de routine puis en vient à un sujet plus sérieux.

  • Vous prenez une contraception ?
  • Non, aucune.
  • Vous faites comment, alors ?
  • Je suis en PMA depuis 4 ans.
  • Oups…

Elle se rend alors compte que faire la démarche de consulter une sage-femme sans être enceinte, sans y parvenir depuis des années, et d’écarter encore les cuisses (car, oui, c’est toujours une histoire d’entrejambe), ne doit pas être simple pour moi. Et tandis que j’opine, me sentant comprise, elle me lance : « mais vous, vous allez tomber enceinte avant la fin des séances ». Euh… quoi ? Elle se reprend et me dit que ça arrivera au moment où je ne m’y attendrai plus. Dégoûtée par ses maladresses, je lui explique : 5 ans d’essais, 4 FIV, de l’endométriose, des douleurs quotidiennes et mon âge (37 ans ! Je n’ai plus beaucoup de temps devant moi !).

Je suis rentrée dépitée. Si même le personnel médical au plus proche des problèmes féminins sort des putains de remarques à la con…

Après la deuxième séance, elle m’a dit qu’elle s’était renseignée pour moi et m’a donné les coordonnées de deux ostéopathes spécialisées en infertilité et d’un acupuncteur. J’ai apprécié qu’elle se rattrape de la sorte et qu’elle me redise combien elle me trouvait courageuse d’avoir abordé ce problème avec un gynécologue et de mener à bien ce travail (et c’est vraiment un travail car j’ai des devoirs à faire à la maison !) malgré la lourdeur et la longueur de mon parcours.

L’espoir est permis.

Vendredi, une dame qui m’avait emmenée au travail il y a quelques mois par l’intermédiaire de la plate-forme blablalines, m’a ramenée. La réservation sur le site internet n’ayant pas fonctionné, je lui avais dit que je lui donnerais malgré tout l’argent. Quand nous sommes arrivées à destination, elle a refusé l’argent et m’a dit cette jolie phrase : « savoir que j’ai réduit mon emprunte écologique me suffit ». ❤

Samedi matin, nous sommes allés promener nos Pokémon le chien à proximité de notre village. Le chemin de terre à travers champ est habituellement désert, aussi avons-nous été surpris et un peu inquiets de voir arriver un gros chien à grandes foulées. Comment allait réagir notre petit chien, facilement effrayé par plus grand que lui ? Contre toute attente, très bien et pourtant, ce n’était même pas une femelle ! La propriétaire du gros chien nous a rejoints et nous avons fait une balade d’une heure ensemble. Trois adultes et deux chiens nouvellement copains. Un très joli moment avec cette personne retraitée qui n’est autre que l’adjointe au maire qui nous a mariés l’année dernière ! (bien sûr, n’ayant aucune mémoire des visages, je ne l’avais pas reconnue…) ❤

Dimanche, nous sommes allés à la patinoire. L’année dernière, l’équipe évoluait au plus haut niveau du hockey français et cela, depuis des années, mais suite à d’énormes difficultés financières, le club a dû déposer le bilan. L’équipe réserve, jouant dans la division la plus basse, est devenue l’équipe première malgré elle. Quelle joie d’assister à un match de hockey après les péripéties et l’angoisse de l’intersaison ! Voir ces joueurs et tous les bénévoles retrousser ainsi leurs manches m’a émue profondément, tout comme quand l’équipe a repris l’avantage en infériorité numérique ! La victoire a parfois un goût de revanche… ❤

Interlude

Je suis tombée amoureuse un soir de juillet. Nous sortions d’un excellent repas au restaurant et devions rejoindre notre hôtel par une petite route escarpée en pleine montagne. Coucher de soleil sur le lac en contre-bas, sapins bien verts, route sinueuse et la radio qui crachouille n’importe quoi. Je change de station et, complètement par hasard, entend un morceau qui ne me dit rien du tout mais qui me plaît instantanément. Je prie pour que l’animateur radio donne le nom de l’interprète à la fin et je suis exaucée.

Cigarettes after sex.

Drôle de nom pour un groupe. Ça me rappelle des souvenirs, quand je fumais encore, quand j’étais jeune…

Et le titre de la chanson, K. 

J’ai depuis acheté l’album contenant cette chanson et je n’écoute plus que ça tous les jours – j’ai 1h20 de trajet pour aller au travail en voiture…

Je n’ai pas trouvé de vidéo officielle à vous faire écouter mais un enregistrement en direct de certains morceaux.