C’est comment la fin du monde ?

Complètement à bout nerveusement, je cherche des raisons de m’accrocher à la vie. Je suis incapable de me reproduire, je me découvre incapable de reconstruire.

C’est peut-être trop tôt.

Pour l’instant, je regarde en arrière et je ne vois que le temps perdu, les forces perdues, l’espoir éternellement déçu. Le sur-place terrible, un changement de travail au mauvais moment qui m’a précipitée vers un burn-out heureusement bien pris en charge. Et depuis, l’épuisement au travail sans parvenir à trouver les ressources en moi pour envisager autre chose.

Voir les autres réaliser leurs projets, reconversion professionnelle, achat d’une maison, mariage, arrêt de la pilule et paf. Des occasions de trinquer dont je me sens sans cesse exclue. Je fige un vague sourire sur mes lèvres et j’attends de rentrer chez moi pour pleurer, quand il me reste encore des larmes.

Il y a quelques mois, je m’étais promis d’essayer d’être plus présente auprès de mes neveux et nièces. Je m’étais dit que je ne serais probablement jamais maman mais que je pourrais au moins tenter d’être une chouette tata. Actuellement, c’est au dessus de mes forces. Ça me renvoie beaucoup trop à mes échecs.

Je repense à notre petit mariage pour pouvoir adopter. Nous avons laissé de côté ce projet d’adoption et je regrette que les souvenirs de notre mariage soient entachés par cette quasi obligation de se marier (pour pouvoir adopter un bébé en France). Même ça, j’ai l’impression de l’avoir raté.

J’aimerais retrouver une once d’espoir, un petit truc qui me permette de sortir la tête hors de l’eau. Un déclic. Une baguette magique.

Fervente écologiste, j’avoue être de surcroît de plus en plus déprimée, atterrée par la situation de notre monde. Par la connerie de la plupart des gens aussi. J’en viens à me demander s’il faut vraiment essayer de sauver cette humanité en déperdition… Doit-on sauver des humains qui ne pensent qu’à produire et consommer ? Au détriment des animaux ? Au détriment de la nature ? On rigolera bien quand on n’aura plus rien à manger mais qu’on baignera dans un océan de technologie (et de plastique). Pire, doit-on sauver toutes ces personnes avec si peu de cerveau qu’elles n’ont rien de mieux à faire que des enfants – des assistés de la société ? Pardon pour ces mots très durs mais dans mon travail, j’en côtoie plein de ces « parents » qui ont suffisamment d’argent pour s’acheter du tabac et de l’alcool mais pas assez pour acheter un casque de vélo à un enfant de moins de 12 ans ou un siège auto. Sans parler des personnes malades mentales régulièrement hospitalisées et des enfants laissés au domicile sous la « surveillance » d’un grand frère toxicomane et accro aux jeux vidéo (ultra violents, cela va de soi). Et ces racistes, qui jugent la qualité d’une personne à sa couleur de peau ? Et ces xénophobes qui laiss(erai)ent volontiers crever en pleine mer des gens comme vous, comme moi, qui ne cherchent qu’à sauver leur peau (la seule chose qui leur reste) ?

Quand je vois tout ça, je me demande pourquoi la sélection naturelle me touche… Et je me noie dans l’injustice et je me laisse envahir par les pourquoi pourquoi pourquoi…

Incapable de voir le verre à moitié plein, j’ai bien conscience de creuser ma propre tombe.