Inconfort

À chaque fois, c’est la même chose. Je suis incrédule. Médusée. Le ciel me tombe sur la tête à chaque nouvelle annonce. Chaque nouvelle mesure. Et pourtant, on en entend parler à l’avance, il y a des fuites et de fortes présomptions. Mais pour moi ce ne sont que des hypothèses. Et quand elles deviennent vérité, je n’en reviens pas. Je résiste. Je n’y crois pas. Il faut que je m’habitue. Il faut que je refasse entièrement mon script intérieur. Là en l’occurrence, que je raye les week-end. Enfin surtout le vélo. Et les matchs de hockey 😭😭😭

Et tout ce à quoi je refuse de réfléchir présentement.

J’ai une énorme boule au ventre aujourd’hui, l’impression d’enterrer quelque chose sans trop savoir quoi. Pourtant c’est simple, tout s’arrête sauf le travail (quelle ironie hein, comme si la vie c’était travailler…). Mais l’incertitude demeure. Le travail, oui, mais dans quelles conditions ? Et pour combien de temps ? C’était plus clair en mars, parce que ma structure avait été fermée et que j’avais su rapidement que j’irais dans une autre pour garantir un lien téléphonique régulier avec les familles des enfants. Mais là, c’est flou. Notamment parce que je suis en vacances. Et parce que même la durée du confinement est floue.

J’ai l’impression qu’il n’y aura plus de retour en arrière et c’est angoissant. Pas qu’il n’y ait rien à modifier dans nos vies, dans nos sociétés d’occidentaux. Au contraire. Mais pas comme ça. Pas à cause d’une pandémie. Cela aurait dû être le fait d’une réflexion commune. Là, ça va changer durablement et la seule certitude, c’est que cela ne sera pas fait de façon à sauver la vie sur terre parce que l’argent est roi. L’argent gouverne tout et pervertit tout. Et on continuera à faire mourir les commerces « non essentiels », de proximité au profit des centres commerciaux et des géants d’internet… Et on continuera à réduire les effectifs, les budgets, les moyens de l’hôpital public. Les plus aisés iront dans le privé et les autres……..

Du vélo et des pensées

Je pédalais tranquillement, profitant de cette jolie journée ensoleillée, quand je me suis mise à dérouler mes pensées (c’est souvent plus fatigant que de faire du vélo). J’avais hésité à prendre les petits chemins à travers champs, craignant qu’ils ne soient trop boueux. Il avait énormément plu ces dernières semaines et j’avais peur de m’embourber (déjà que mon vieux VTC déraille minimum une fois par mois…).

J’ai emprunté un premier chemin, pour tester, me disant que je ferais demi-tour si cela s’avérait trop galère. J’ai rapidement été très surprise de constater à quel point la terre était sèche. Les crevasses étaient déjà de retour (avaient-elles seulement disparu ?) et même au fond des plus profondes ornières, il n’y avait qu’un peu d’humidité. Cela m’a inquiétée. Les dernières pluies, bien qu’intenses et démoralisantes, sont insuffisantes pour combler des mois et des mois de sécheresse.

Un troupeau de vache m’a regardée passer et j’ai pensé ironiquement : « ma future viande ». Je mange en réalité de moins en moins de viande – j’ai notamment demandé un régime végétarien au travail. Mais c’est une réalité, ces vaches sont élevées pour être mangées. Et quand on sait qu’au niveau mondial, on consomme de plus en plus de viande et qu’une SEULE vache peut boire jusqu’à 100 litres d’eau par jour en été, il y a de quoi s’inquiéter. 100 litres d’eau (et même si ce n’est que 80 litres par exemple) par jour par vache en été, c’est énorme. Insoutenable. Suicidaire.

Et j’ai pensé aux enfants que j’aurais voulu avoir… aurait-ce été raisonnable ? Quand on sait qu’ils seront fort vraisemblablement confrontés à des pénuries d’eau, d’alimentation, d’énergie…?? Ce qui, forcément, entraînera de nouvelles guerres, de nouveaux déchirements ? Comment pourrons-nous leur justifier nos choix ? Pourront-ils comprendre que nous avons préféré surconsommer de l’inutile plutôt que préserver les ressources ?

S’engager (mais pas dans l’armée 😳)

Cela fait maintenant un an que je travaille à 80% et donc que je me rends au travail 4 jours par semaine. Jamais je n’ai regretté ma décision et il m’arrive même parfois de rêver à diminuer encore mon temps de travail…

Cela fait également un an que je fais partie d’une épicerie coopérative. La réduction du temps de travail, c’était notamment pour m’engager dans cette drôle d’aventure d’un supermarché appartenant à ses « clients ». Le principe de base : donner 3h de son temps par mois pour pouvoir faire ses courses. La marge de l’épicerie est unique, pas comme dans les grandes surfaces qui, selon les produits, se permettent des marges faramineuses. La majorité des produits sont locaux et/ou bios, et en tout cas choisis par l’ensemble des coopérateurs. Et chacun s’investit au sein de l’épicerie, soit lors des créneaux d’ouverture du magasin, soit dans des groupes de travail (commandes, livraisons, communication, comptabilité, etc.), les deux étant cumulables. Je m’en tiens pour ma part au magasin, j’ai d’abord été formée au vrac (fruits, légumes et épicerie sèche à peser et inscrire sur une petite note) puis à la tenue de la caisse et clairement, j’adore ce poste ! Il faut dire que les clients sont tous très sympas et ne râlent jamais, pas comme dans un magasin classique. C’est vraiment agréable.

Il y a quelques mois, j’avais dit à mon mari que j’aimerais m’investir dans ma petite commune mais que je ne savais pas comment me manifester. Lors de la cérémonie des vœux annuels, le Maire m’a demandé tout en me saluant si je souhaitais faire partie de la liste pour les municipales. J’ai tout de suite accepté ! L’avantage d’un petit village sans (trop d’) histoires, c’est d’être 11 à se présenter pour 11 places et de n’avoir aucune étiquette politique. L’important ici étant déjà qu’il y ait suffisamment de personnes pour former le conseil municipal et prendre part aux différents comités/syndicats/commissions, etc. Je suis ravie de découvrir le fonctionnement d’une commune rurale depuis quelques mois et de mieux comprendre comment les décisions sont (ou non) prises, c’est très instructif.